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Les chignons en voyage
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27 août 2011

L'enfert vert, du 17 au 20 août

 

Aujourd'hui, c'est parti pour l'aventure ! Trois jours et trois nuits en pleine « selva », la forêt vierge en espagnol. Nous allons enfin pouvoir découvrir cette Amazonie dont nous n'avions vu que les berges lors de nos séjours en bateau. Notre guide s'appelle Tito, c'est un véritable « nativo », indien de l'Amazonie. Installé depuis peu à Iquitos après ses études, il a passé toute son enfance dans son village, qui n'existe plus aujourd'hui. Et comme tous les enfants élevés en Amazonie, il grimpe aux arbres, connaît les ressources et les pièges de la forêt, sait reconnaître le moindre cri animal... Impressionnant. Son regard aiguisé saura nous montrer des choses que nous n'aurions même pas remarqué ! Après plus d'une heure en bateau, nous mettons enfin le pied en forêt. Bottes en main (pas encore aux pieds) et petits sacs au dos, nous traversons un petit village indien pour découvrir le campement, qui se résume à deux cabanes typiquement indiennes, une pour la cuisine, une pour dormir. Les toilettes ? Y'en a pas ! « Everywhere », comme dirait Tito. La salle de bain ? Une planche en bois en contrebas du campement, au dessus d'une eau qui nous paraît légèrement croupie et infestée de bêtes... Avant de prendre notre premier repas préparé par une femme du village voisin, nous nous reposons.

 

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En début d'après-midi, enfin la première balade ! Nous nous perdons peu à peu à travers les arbres et les premiers contacts sont assez, comment dire, physiques ! Nous nous enfonçons dans la boue et impossible de se servir d'appui contre les arbres pour s'en sortir ! Certains ont des piquants de deux centimètres, d'autres abritent des mygales venimeuses ou encore des fourmis de deux centimètres (la plus grande de la selva) qui avec une seule piqûre peuvent rendre un homme malade pour plusieurs jours... Les insectes sont évidemment les plus faciles à voir et à observer, c'est simple il y en a partout : papillons, fourmis, vers, termites, araignées, chenilles... Nous nous attendions à voir des animaux (des vrais gros mammifères !) assez facilement, mais ici, on n'est pas au zoo, et la nature, ça se mérite. Nous ressortons de là transpirantes, boueuses et piquées par les moustiques mais impressionnées par tout ce que nous avons vu. Finalement, c'est très tranquillement que Tito nous annonce qu'en fait un paresseux se trouvait juste au dessus de nos têtes, au campement, très bien caché dans un arbre feuillu. Le saviez-vous ? Allez, juste un petit cours sur le paresseux pour les plus curieux (les autres, rendez-vous cinq lignes plus loin.) Le paresseux est un animal solitaire, discret, qui se déplace peu et très lentement. Comme son nom l'indique, il dort beaucoup et se nourrit de feuilles, dont il se sert aussi pour se cacher. Il craint certains rapaces et les serpents et ne descend des arbres qu'une fois par semaine pour faire ses besoins. La femelle n'a qu'un seul petit et la période de gestation est de six mois. Voilà ! Quel bonheur d'apprendre des choses sur un animal aussi étrange, tout en pouvant le regarder. Nous installons deux chaises en dessous de l'arbre pour pouvoir mieux nous tordre le cou et surprise ! C'est une femelle qui porte un petit sur son ventre ! Très haut perché, on ne le voit pas très bien. La patience est de mise. Après un repas à la lueur de bougies et entourées d'insectes piqueurs en tous genres, première nuit sous moustiquaires. Tito nous recommande de bien vérifier avant de dormir qu'aucun intrus ne s'est infiltré sous les draps. Très rassurant ! Tellement rassurant que les fourmis géantes et les tarentules hanteront ma nuit, tandis que Caro ronfle tranquillement sous sa moustiquaire.

Deuxième jour, réveil en pleine nature, une journée physique nous attend. Nous partons à 9h pour quatre heures de marche dans cet enfer vert. Un autre guide nous accompagne et Tito et lui se font un plaisir de nous faire monter sur des arbres géants renversés, sur des lianes de Tarzan... La première partie du parcours est vraiment marrante. La deuxième, mmm, un peu moins ! On arrive vite dans la basse selva : lianes, racines grimpantes, eau, boue, tout y est ! Pour ne pas s'enfoncer dans de véritables marais, il nous faut marcher sur des branches à demi-flottantes à la surface, tout en prenant appui sur nos bâtons. On avoue, on a ripé plus d'une fois !

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Une heure d'effort pour arriver à un endroit assez improbable : au détour des lianes se trouve un petit lac où flottent des dizaines de plantes aquatiques dont le vert explose aux yeux après la boue de la forêt.

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Un petit tour en barque avec Tito pour observer les plantes et les oiseaux, et c'est reparti ! Vamos a regresar ! C'est un peu épuisées qu'on rejoint le campement vers une heure de l'après-midi, après avoir eu la chance d'observer, de loin, quelques singes. Lors du déjeuner, le ciel nous tombe sur la tête. Le fils de la cuisinière rapporte un petit anaconda trouvé en chemin et nous voilà le serpent dans les bras ! J'avais tellement peur qu'il morde (parce qu'un anaconda serre mais mord aussi...) que je le lui ai presque écrasé la tête avec mes doigts (je rassure BB, je ne l'ai pas tué). A peine étions nous remises de l'épisode je-tiens-un-serpent-c'est-froid-j'ai-peur, que le paresseux tombe de l'arbre. Littéralement. Le même gosse avait grimpé dans l'arbre pour aller chercher le paresseux et la branche sur laquelle il était suspendu s'est écrasée au sol ! On est restées bouche-bée, mais heureusement, le pauvre n'avait rien. Un paresseux au sol est très vulnérable et pas très adroit. On a pu le toucher, le prendre dans nos bras et c'était une expérience assez incroyable. Il avait une manière toute particulière de tourner la tête vers nos visages pour nous regarder et de près, il a une tête vraiment drôle :

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L'après-midi, un peu de repos avec une simulation de pêche au bord du fleuve, pour pêcher trois poissons-chats minuscules dans la vase. J'abandonne assez vite, je préfère regarder autour de moi. Caro persiste et en pêche un ! Le soir, on tente de les manger mais le goût infect de la vase nous en dissuade bien vite. On est pas bretonnes pour rien, le bon poisson, ça nous connaît ! Le soir, grande balade en pleine nuit. C'est l'occasion de découvrir la selva autrement, avec ses animaux nocturnes et ses milliers de bruits inquiétants... On traverse de nombreux cours d'eau et on peut observer des crapauds énormes, des oiseaux endormis sur les branches, des araignées multicolores... Les odeurs aussi sont différentes. Un moment magique...

Le troisième jour, découverte d'une autre partie de la forêt. Tito nous fait goûter à certains fruits dont le cacao : les fèves, très sucrées, se sucent, avant que le fruit ne soit mûr pour en faire du chocolat.

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On croise ensuite des arbres constrictors géants avec leurs branches plantées dans la terre, des rats de la forêt, un hibou, des singes... En rentrant, la sieste dure plus longtemps que prévu et c'est en fin d'après-midi, dans une lumière magnifique qu'on fera notre dernière balade dans la selva. Le temps de voir une énorme mygale noire (et venimeuse !).

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Le soir, on demande à Tito de nous raconter les légendes de la selva, et surtout des histoires qui font bien peur. Tous les trois dans nos hamacs, à la lueur de la bougie, nous voilà plongés dans un univers de démons et d'esprits, assez terrifiants ! Tito y croit-il lui même ? Le mystère reste entier. En tout cas, ça pourrait être une belle idée de livre, voire une niche éditoriale...

Le lendemain, nous repartons après le petit-déjeuner, encantadas para la selva ! Le retour à la civilisation est très dur et brutal. Nous passons à l'agence chercher nos gros sacs et repartons directement au port pour prendre un bateau pour Pucallpa. Après trois jours à la dure, on se sent extrêmement sales, les superbes douches du bateau feront l'affaire !

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Commentaires
A
C'est mon animal préférééééééééééé !!
C
c'est vrai qu'il n'avait pas l'air malheureux le paresseux ! le guide nous parlait en espagnol... très dur pour moi !!! mais bon j'essaye de faire des efforts, je me suis même mise à lire Notre Dame de Paris en espagnol !
C
Vous êtes vraiment des aventurières ! Et même pas peur ! La classe !! Caro, tu le ramènes avec toi le paresseux ? Tu t'es visiblement fait un pote. Avec ses petits yeux endormis, il est vraiment coco ! Et sinon, le guide il vous parlait en quelle langue ( c'est juste une question pratique que je me posais comme ça, vu que apparement il vous a raconté de belles histoires pour vous endormir ).
R
Hooooo ! Trop choupi le paresseux !!! <3 :D
Les chignons en voyage
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