Les chignons au supermarché
Avant de partir pour le Chili, petit détour au supermercado pour acheter de bonnes choses... Enfin, pas tant que ça, parce que le fait est qu'on n'a plus un rond ! Demain, changement de monnaie, alors mieux vaut ne pas avoir trop de soles à échanger. Avec 10 soles chacune en poche (moins de 4 euros), nous arrivons dans cet immense supermarché comme dans une église. Il faut dire que des si grands, brillants et merveilleux (moi, l'apologie du supermarché ? Pas du tout !), on n'en a pas vu beaucoup ! A peine entrées que s'étale devant nous un immense rayon frais de fromages, je veux dire, des vrais fromages : bleu, chèvre, camembert... Tout y est ! Même du fromage aux noix à tartiner ! Arrrgg, la tentation est forte, Caro se pâme devant les vitrines, je salive à max. Pour calmer nos envies, on se venge sur les minis saucisses proposées en dégustation... Bof, rien que du pollo, encore du pollo ! On se décide finalement pour du fromage en tranches, le moins cher qu'on ait trouvé, pareil pour le jambon. Petit détour par le rayon parfumerie, Caro a besoin de shampoing. Herbal Essences se profile à l'horizon, oh ouiiiii ! Elle en ouvre un ou deux pour tester le parfum, mais... bam ! La voilà subitement le nez plein de shampoing rose bonbon et vlà que jt'étale ça encore partout, un mouchoir la sauvera ! On explose de rire, la gamine du chariot d'à côté nous regarde avec de grands yeux. Oui, que veux-tu, on n'est plus habituées nous à tous ces flacons qui vous sautent au visage !
Direction ensuite le rayon boulangerie, le pire nous attend. Croissants au chocolat, gâteaux, et pains frais, une vraie torture ! Total : une baguette, une seule, oui Madame ! On ne fait pas dans le gaspillage, nous ! Pour détourner notre attention de cette boustiffaille, je prends un chariot alors qu'on n'a que deux produits dans les mains, et je rajoute une magnifique citrouille d'Halloween pour la déco. Encore une fois, les Péruviens se disent... ces gringas, insortables ! Se conduire ainsi au supermarché, c'est une honte ! Après quelques pirouettes et glissades dans les rayons et une réduction sur une bouteille d'eau, nous voilà arrivées à la caisse. Vous vous attendez à une histoire avec la caissière, non ? Raté ! C'est la petite vieille de derrière qui va mettre son grain de sel. Entre Caro qui ne se colle pas assez à la personne devant pour faire la queue et notre chariot mal rangé qui la gêne, mamita fait sa loi. Dernière étape tentatrice à la sortie : le stand de donuts et beignets de toutes les couleurs... On craque évidemment ! On dépense nos derniers deniers pour six beaux donuts, Homer n'est pas loin... Après l'épisode du cuy qui pue le poisson, ceux-ci seront la bienvenue... Vivement le Chili pour qu'on achète du Nutella !
Arequipa
À Arequipa, notre dernière destination au Pérou, nous décidons de faire du couchsurfing ! C'est donc chez Jorge que nous sommes attendues, un jeune péruvien de 28 ans qui vit au chaud chez son papa et sa maman et travaille pour le magasin de fleurs de son père, qui se trouve juste en bas de sa maison. Comme quoi, il existe aussi des « Tanguy » péruviens... Enfin, chez eux ça ne doit pas être une tare, sa mère semble ravie de l'avoir à la maison ! Cela mis à part, voilà un chico très sympa ! À notre arrivée, il nous attend avec son ami Julio, et c'est parti pour une petite soirée péruvienne. Le lendemain matin, Jorge nous réveille à 7h30 pour le petit dèj'. Son adorable maman nous attend tout sourire devant une table pleine de nourriture péruvienne... L'intention est vraiment gentille mais la bouffe parfaitement dégueu... Impossible de faire les difficiles, on retient notre respiration et on entame les festivités : pour commencer une sorte de pâte de maïs ultra compacte dans lequel on trouve quelques petites boulettes de viande. Mmmh ! Un bonheur pour se mettre les papilles en alerte dès le réveil. On a cru pouvoir faire passer ça avec le jus qu'elle nous préparait, de loin ça ressemblait un peu à un jus de banane, grave erreur ! C'était un jus de quinoa chaud. Ça donne l'impression de boire des flageolets, le genre de saveur qui me donne les larmes aux yeux... Ni Anso, ni moi n'avons eu le courage de finir notre verre. Vient ensuite une bonne petite bolée d'avoine. Voilà un aliment qui devrait être réservé exclusivement aux chevaux... ça a la consistance d'une bouillie et un goût de foin. Impossible d'avaler ça sans grimace. Gloups... Pour résumer, un petit dèj' à la fois compact, chaud et mou ! Alors que je rêve de baguette croustillante et de bon café...
Une bonne douche pour nous remettre de cette dure épreuve et nous embarquons à bord de la voiture de Julio qui nous amène faire un tour de la ville avec Jorge. Arequipa se trouve entre deux volcans, une ville magnifique, une des plus belles que nous ayons vues au Pérou. Elle se situe sur une zone sismique assez sensible. Les habitants sont habitués à ressentir des tremblements sans broncher ! Il y en a eu lorsque nous étions dans la maison de Jorge, drôle de sensation !
L'aprèm, Julio doit aller en cours et Jorge doit travailler, on en profite pour aller visiter le couvent de Santa Térésa. Au cours de la visite un des guides du musée nous demande si nous serions intéressées par la vie de nonne... Ahaha ! Quelle blague ! Le couvent renferme d'étonnants bibelots mais surtout on peut y voir un chien nu, c'est-à-dire un chien sans poils excepté sur le dessus de la tête et sur le bas des pattes. C'est une particularité d'une race de chiens péruviens, ce qui les rend un poil ridicule... Honte à nous, on a dû passer autant de temps à rigoler du chien qu'à regarder les tableaux.
Pour notre deuxième journée à Arequipa, nous rendons visite à l'association « Los ninos del sol ». (Nous avons ce contact grâce à un ami des parents d'Anso, merci JJ !). Il s'agit d'un centre de nutrition situé dans les quartiers pauvres d'Arequipa. Le bâtiment est tout en couleurs, il pète au milieu de maisons marrons-grises construites en adobe. Il est composé de trois classes d'enfants de 3 à 5 ans. L’énergique Espéranza, la directrice du centre, qui mène tout son petit monde avec une pêche admirable, nous présente à tout le monde et nous fait faire le tour des classes. A chaque fois nous avons droit à une ou deux chansons des enfants qui ont l'air scotchés de voir débarquer des gringas ! Des moments vraiment sympas ! Nous tombons en pleines festivités qui plus est : les mamas du quartier qui ont suivi des cours de cuisine au four solaire durant une semaine ont toutes préparé des plats qu'on aura la chance de goûter, une pleine assiette même !
On retrouve les gars le soir pour une folle soirée péruvienne dans les discothèques d'Arequipa. On n'a pas vu le temps passer, il est 5h30 du matin quand on rentre chez Jorge. Du coup, le lendemain nous sommes « un tantinet décalées dans nos horaires »... C'est notre dernier jour au Pérou, il faut qu'il soit marquant ! C'est le jour parfait pour goûter le cuy, c'est-à-dire le cochon d'Inde. Au Pérou, quand ils les gardent dans des cages, ce n'est pas pour les regarder tourner dans une roue mais pour les engraisser avant de les manger ! Jorge et Julio, qui nous assurent que c'est délicieux, nous ont donc emmenées dans un resto traditionnel, nous commandons... 20 minutes plus tard, le plat arrive... c'est une horreur ! La photo parle d'elle-même.
La bête est dans l'assiette avec sa petite tête, ses pattes, et tout le toutim... un cochon d'inde quoi ! Un cochon d'inde mort et éventré dans notre assiette... On surmonte quand même notre dégoût et on goûte. Atroce ! La viande a un goût de poisson... C'est juste pas possible ! Finalement les garçons finiront notre plat, des pattes aux joues de l'animal, en passant par le cœur, le foie etc. Expérience culinaire non satisfaisante... mais c'était à tenter ! Nous quittons Arequipa le lendemain à 8h30 du matin direction Tacna pour prendre un collectivo qui nous mènera à Arica, au Chili !
Puno
Il est temps de nous diriger vers un autre endroit mythique du Pérou : le Lac Titicaca ! C'est plus précisément dans la ville de Puno, que nous prévoyons de poser nos sacs. Mais avant ça, six petites heures de car à faire au départ de Cuzco ! Du pipi de chat pour des roots comme nous !... Malheureusement il y a eu une légère erreur de parcours... emportées par notre enthousiasme (et par une énorme envie de sortir du bus...), nous sommes descendues une heure trop tôt, dans une ville totalement inconnue. Sûres de nous, on a mis un temps fou à s'en rendre compte... En sortant de la gare, on prend un moto-taxi, on lui indique une adresse d'hôtel... normal quoi ! Il nous assure qu'il sait où se trouve l'hôtel, toujours normal ! Jusqu'à ce que, après avoir tourné dans la ville pendant un quart d'heure, il nous demande si l'adresse se trouve bien à Juliaca !? Juliaca !? Grand moment de solitude. On se regarde Anso et moi avant d'exploser de rire... Retour en toute vitesse à la gare ! On se met à courir partout autour des bus en criant « Puno, Puno ?! », avec nos sacs sur le dos. Les péruviens ont dû nous prendre pour des folles ! Coup de bol, il y a un autre bus pour Puno une heure après ! Le temps de s'enfiler un énorme bout de poulet bien gras dans un boui-boui immonde, histoire d'être dans de bonnes dispositions en arrivant à Puno !
Puno est une ville sans charme mais qui se situe au bord du lac, à 4000 mètres d'altitude. Le premier jour, nous sommes allées visiter un site qui abrite un lac magnifique et surtout des chulpas, c'est-à-dire des tours construites par les Incas, notamment, et qui servaient de sépultures aux morts. Cela leur permettait d'être au plus près du ciel !
Au retour, on s'arrête en route pour emmerder quelques lamas à coup de photos... les pauvres...
puis on file voir le lac Titicaca de près. De très près même... nous n'avons pas résisté à l'appel des affreux pédalos quitchissimes qui nous faisaient de l'oeil. Sans aucune honte, on enfourche un pingouin géant et c'est parti pour trente minutes de sport intense sur le mythique lac Titicaca. Le ridicule ne tue pas surtout quand il n'y a pas de témoins ! On pensait être tranquilles avec les canards (au bec bleu pétant !) mais non ! Une bande de branleurs péruviens installés sur un gros pédalo Mickey nous a pris en chasse. Ils étaient quatre, on était deux, ils n'ont pas mis longtemps à nous rattraper... La voyoucratie est partout !
Nous consacrons le deuxième jour à la visite des îles flottantes Uros. Ils s'agit de petits îlots construits sur le lac avec une grosse couche de terre et une trentaine de couches de roseaux. Plusieurs familles vivent dessus. Très étonnant ! Une visite qui vaut le détour mais qui perd totalement de son charme par l'aspect trop cadré de la chose : on nous débarque sur un îlot, on nous fait asseoir sur des ballots de paille, on nous raconte l'histoire des îles flottantes, on nous montre l'artisanat local qu'on nous conseille très fortement d'acheter, on nous chante une chanson, on nous balade en bateau puis on nous débarque sur un dernier îlot où l'on peut manger et acheter... Pas spontané pour un poil tout ça... même si on a quand même bien aimé regarder les énormes mamitas pousser la chansonnette en agitant leurs gros bras et leurs petites tresses... mais ça c'est uniquement dû à notre esprit mauvais...
On n'a pas mangé sur l'île mais les grosses mamitas nous ont quand même mises en appétit ! De retour à Puno, on décide, pour une fois, de s'offrir un vrai bon resto ! Au menu brochettes d'alpaga. Faisons dans le fantasque ! On teste ! Dommage pour moi qui ait une sainte horreur de la viande de mouton, ça a le même goût ! En soirée, Anso a l'idée d'aller voir le coucher de soleil sur le lac ! Sur place, on constate que le soleil se couche de l'autre côté... Décidément, j'ai l'impression de jouer dans une mauvaise comédie française, genre « Les neuneus au lac Titicaca »... Mais on ne se démonte pas ! On décide de se lever le lendemain matin pour assister au lever du soleil ! Un des petits vieux qui s'occupe des bateaux nous assure qu'il faut être sur place à 4h30 du matin. Papy nous a menti ! On a poireauté une heure dans le noir et dans le froid, à demi réveillées qui plus est, avant d'apercevoir un soleil timide qui tentait de percer les nuages. Malgré tout, couleurs magnifiques... Superbe moment avant de repartir pour Arequipa, dernière ville avant le Chili !
Andahuaylas, suite et fin !
Les jours défilent à Andahuaylas et on prend vite nos aises au milieu des moults bêtes et de la population locale. On s'adapte facilement au statut de gringas dans une petite ville comme ça. Ici, nous, on rigole en regardant les cochons pendant que les péruviens rigolent en nous regardant rire de leurs cochons... Pas la peine de se vexer, même quand une mamita édentée rigole en nous montrant du doigt...
Être une gringa c'est tout un art : au milieu des mamas en costumes traditionnels et des petits gamins qui courent pieds nus dans la bouillasse, c'est nous qui sommes les exotiques de service ! En soirée, c'est arrivé qu'une jeune péruvienne se mette à nous filmer quand elle nous a vues danser... Faut dire que quand les français qui occupent Munay Wasi sortent en groupe, on n'est pas des plus discrets... Mais encore une fois on s'y fait très vite : Andahuaylas est une ville à laquelle on s'attache quand on commence à connaître les gens qui y vivent. Par exemple, les enfants de la bibliothèque que nous tenons ont beau être un poil crasseux et, pour certains, légèrement relous, on s'y attache !
On a donc voulu profiter à fond de notre dernière semaine dans l'asso ! Au programme, rencontres organisées par le coordinateur de l'asso, avec des professeurs péruviens qui nous ont parlé de la culture andine, organisation d'un concours de ramassage d'ordures avec les enfants du quartier et enfin big soirées péruviennes ! Une fin en beauté quoi ! On a vraiment adoré le séjour ! On repart avec des bons souvenirs, des contacts... et avec Claire ! … qui nous accompagne à Cuzco et au Machu Picchu, nos prochaines étapes !
La vie à Andahuaylas
Trois semaines au même endroit, voilà qui va nous faire du bien ! Arrivées le 12 septembre après une traversée en car de paysages les plus étonnants et beaux les uns des autres, nous avons vite pris nos petites habitudes dans les locaux de Munay Wasi. Tous les jours, nous ouvrons la bibliothèque pour les enfants. Le matin, nous devions également nous rendre dans une école pour faire des ateliers avec des groupes d'enfants, mais une grève des professeurs nous a vite freiné dans notre motivation. On n'a pas mis longtemps à mettre à profit notre temps libre : balades en ville à la recherche d'ingrédients miracles pour satisfaire notre appétit retrouvé, bons petits plats à la française, gâteaux ratés à la carotte, restaurants pour déguster un brownie chez un français installé ici, sorties entre volontaires et soirées chez un musicien péruvien... Nous partageons cette aventure avec plusieurs volontaires : Claire et Julie (nos meilleures copines ici !), Laurent (le copain de Julie), Michel un québécois bien volontaire pour faire des meubles et... faire la fête et Julien, jeune suisse très sympathique. Au diable le couvre-feu de 23h, on n'a pas mis longtemps à trouver la faille dans le grillage !
Andahuaylas est une petite ville tranquille, à 3000 m d'altitude, assez pauvre, et entourée de collines ou vivent de nombreux paysans. Les locaux de l'association se trouvent un peu en dehors du centre et nous nous trouvons quasiment en pleine campagne, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Vaches, cochons, moutons, canards, chiens, tout est là pour réaliser nos désirs d'amies des bêtes, et la fraîcheur des sommets nous permet de faire péter les bonnets péruviens !
La semaine dernière, nous avons été visiter les ruines du Sondor, à Pacucha, petit village au dessus d'Andahuaylas. Nous étions les seules ce jour-là à goûter au silence profond des montagnes, et à nous couper le souffle sur les marches du temple. Petit avant-goût du Machu Picchu...
Blog de l'association
Nouvel article sur le blog de l'asso : http://vastefairelire.canalblog.com/
D'autres suivront pour rendre compte de nos activités !
Ayacucho du 7 au 11 septembre
Nous voilà arrivées à Ayacucho ! Une ville surprenante, on y croise des femmes habillées en costume traditionnel (chapeau, jupe, bas de laine, tresses) aussi bien que des petits jeunes à la pointe de la modernité !
Le premier jour on s'est contenté de flâner tranquilou dans la ville entre les petites rues calmes, la place des armes, les espaces d'artisanat et le marché couvert. Ah, le marché couvert ! On peut, entre autres, y acheter de jolis bonnets péruviens ou des demi-vaches. Au choix ! Les deux sont exposés dans les mêmes conditions. Mais l'un des étals attire nettement plus de mouches que l'autre, je vous laisse deviner lequel ! Mmmh ! autant dire qu'on n'a pas été longues à choisir de regarder les tissus vendus par les mamitas plutôt que l'immonde barbaque sanglante. On a donc fini par acheter des bonnets péruviens ! On va pouvoir se la péter à la péruvienne ! (même si c'est rare de croiser des péruviens qui en portent... ça doit être un attrape-touriste genre vareuse rayée pour les parisiens qui viennent en Bretagne...). En attendant, ça nous fait plaiz' et c'est déjà pas mal ! Le soir, petit resto avec plats traditionnels à la carte, l'occasion de goûter le Puca picante, un plat de viande de porc avec une sauce à a cacahuète et à la betterave. Super bon ! Mais je l'ai payé cher, ça ne m'étonnerait pas que leur fournisseur de viande soit un des mecs du marché... Et dire qu'on prévoyait de goûter le cuy, un autre plat typique. Au Pérou, le cuy c'est-à-dire le cochon d'inde n'est pas un animal de compagnie mais un plat renommé ! Une découverte culinaire qui attendra... Les jours suivants visites des petites villes alentours : Wari une ancienne ville pré-inca dont il reste quelques vestiges et Quinua une petite ville péruvienne toute mignonne. On est tombé en pleine fête du village qui plus est ! Au programme, fanfare avec danses traditionnelles et corrida !
On a donc posé nos fesses au milieu de la foule colorée pour voir nous aussi débarquer un taureau prêt à tout pour embrocher le toréador. Mais ce n'était pas vraiment ça... pas de taureau mais des vachettes maigrelettes qui n'avaient qu'une envie : sortir de l’arène. Quant aux toréadors, plusieurs petits mecs en tee-shirt qui agitaient frénétiquement des bouts de tissu rouge... Autant dire que c'était plus Interville que la corrida sanglante. Ça aura eu pour effet de nous faire bien rire et de me rappeler les vendredis soirs d'été chez ma grand-mère quand on demandait à voir les vachettes de Guy Lux à la télé... Le lendemain, visite d'une autre ville : Vilcashuaman qui a conservé des vestiges du temple de la Lune et du Soleil. 4H de route serrées comme des patates dans un espèce de petit van plein de poussière qui sent la poule moisie. Un trajet très folklo ! A notre droite, un étudiant péruvien qui chante très fort et très mal, en face de nous, un péruvien narcoleptique surnommé « Lait Caillé » à cause de l'odeur immonde qu'il dégage. Celui-ci s'endort toute les 5 minutes mais comme il n'a pas la place d'appuyer sa tête, il a fini par s'endormir la tête sur les genoux d'Anso et les coudes repliés sur mes genoux. Et sur notre gauche une magnifique vue sur les montagnes et sur le ravin que longe la vieille route étroite bourrée de nids-de-poules que notre van empreinte. Il reste en effet de jolis vestiges incas à Vilcashuaman, notamment une sorte de pyramide en haut de laquelle l'Inca pouvait diriger les cérémonies religieuses et militaires. Le soir, on a pris le temps de découvrir Ayacucho by night ! Les rues regorgent de monde et de petites animations un peu partout. Plutôt sympa ! De quoi profiter un peu de notre liberté avant de partir pour Andahuaylas où nous nous sommes engagées à faire trois semaines de bénévolat dans une asso qui vient en aide aux familles pauvres. Ça a l'air sympa mais strict ! Le règlement interdit clopes, alcool, sortie en boîte et surtout impose le couvre-feu à 23h... peut-on imposer de telles conditions à des branleuses de 24 ans ??? à suivre !
Quelques petites caractéristiques du Pérou :
Contrairement au Brésil, où on avait trouvé la vie quotidienne facile et les gens extrêmement gentils, au Pérou, rien n'est simple et l'amabilité, pas toujours de mise... Quelques petits exemples, qui nous ont souvent bien fait rire (ou pas) !
Vous voulez trouver un bus pour aller dans telle ville ? Pas de gare routière mais des agences disséminées un peu partout, souvent avec un personnel d'une amabilité sans borne (ironie), ce qui nous a obligé bien souvent à faire des kilomètres, suant sous nos gros sacs.
Vous voulez envoyer un colis par la poste ? Certaines choses sont refusées, comme les batteries d'appareil photo, et le colis... vous devez le faire vous-même ! Suis-je bien à la poste ?
Un taxi ? Souvent quatre refus avant d'en trouver un qui veuille bien nous emmener à l'adresse exacte. Ils nous laissent parfois au milieu d'une rue en bredouillant une phrase en espagnol, et nous voilà perdues, encore une fois. Taxi !
Les toilettes ? Jamais de papier.
Les restaurants ? Attablées devant une carte alléchante, « Je voudrais ceci » « No, no hay », « Alors, cela ! » « No, no hay ! ». « Ah bon, alors du riz au poulet s'il-vous-plaît. Et moi, du poulet au riz. » Eh oui, car le poulet est le plat national, à toutes les sauces. On n'en peut plus ! En plus, nos plats ne sont jamais servis en même temps. La première finit de manger quand la deuxième commence... Sauf si vous prenez entrée-plat-dessert, tout est sur la table ! Bon appétit !
Les pharmacies ? Ils vous donnent un ticket un caisse pour aller payer un mètre plus loin, puis aller chercher l'article à un autre comptoir. Très pratique.
Un renseignement dans la rue ? Soit c'est un refus, soit c'est incompréhensible ! « A la esquina, quadra 56, de frente y a la isquierda. ». On ne s'y fait toujours pas !
Les sandwiches ? Rarement à plus d'un ingrédient ! Si vous désirez un poulet-fromage, ce n'est pas possible. Par contre, poulet-jambon, oui, c'est sur la carte !
Les banques ? Impossible de retirer le montant voulu, le maximum est bloqué à 400 NS, ce qui est peu. On a fini par trouver la seule qui le permette, ouf.
La monnaie ? Que ce soit des petits ou des grands commerces, les péruviens n'ont jamais la monnaie, même sur des petits billets... La patience est de mise !
Lima
Quelques jours de repos forcé à Chavin et nous voilà reparties pour Lima, capitale mythique ! Ce matin, après avoir dormi dans une chambre au fin fond d'un hôtel, près du parking, sans fenêtres (claustros s'abstenir), nous sommes bien contentes de retrouver la lumière du jour. C'est à pas de paresseux (genou oblige) que nous parcourons la ville, à la recherche d'éditeurs. Mais aujourd'hui c'est samedi, et le samedi au Pérou c'est un jour spécial : tout est fermé ! On devra attendre lundi... Le lendemain, dimanche (vous suivez ? Haha), rendez-vous Plaza de Mayor pour admirer le défilé de la garde nationale, assez drôle à voir !
Entre-temps, on se fait accoster par des petits jeunes de collège qui veulent nous interroger (caméra au poing) en anglais. On se prête au jeu même si on a du mal à comprendre les questions, à cause de leur accent bien roulé !
Lundi, visite du quartier chic et choc de Miraflores, avec de magnifiques librairies et un beau supermarché (ça vous étonne ? Moins je mange, plus j'adore les supermarchés, j'y ai même trouvé du nutella, youpiiiiiiiii!). Changement de décor pour une visite guidée de Huaca Pucllana, vestiges de la civilisation Lima. Malheureusement, la guide parle pour ses pierres et les deux lèches-bottes du premier rang, donc nous, avec notre allure de paresseux, on a dû louper la moitié des explications. Dis-donc Carmen, on devrait t'acheter un mégaphone !
Mardi, dernier jour à Lima. Nous avons rendez-vous cette après-midi avec la responsable de la Chambre péruvienne du Livre. Elle nous accueille très aimablement et l'entretien se déroule en espagnol ! On arrive quand même à poser toutes les questions qu'on voudra, petit récapitulatif de ce rendez-vous très intéressant sur le site de l'asso, dans quelques jours ! Le soir-même, nous partons pour Ayacucho, à 2700 m d'altitude. Dans le bus, on assiste à un jeu du bingo organisé par la compagnie. L'hôtesse égraine inlassablement les numéros avec une voix sensuelle qui nous fait beaucoup rire, jusqu'à que Monsieur Raoul gagne un coussin. C'est bon, on peut dormir maintenant ? Ah non, il manquait le discours au micro de Monsieur Raoul. Merci.
29 aout - Chavin de Huantar ou l'art de se démantibuler un genou au fin fond du Pérou
Après un arrêt à Huaraz, on arrive à Chavin de Huantar le soir à 23h. C'est une petite ville coincée dans les montagnes entre 3000 et 4000 mètres d'altitude. A cette hauteur, on s’essouffle au moindre geste. Heureusement le site archéologique qu'on prévoit de visiter n'est pas très loin du centre et ne demande pas trop d'efforts pour y accéder. Il s'agit des vestiges d'un immense temple religieux, issu de la culture Chavin, 2000 ans avant la culture inca !
Très agréable à visiter, malheureusement ça se terminera mal pour moi... une marche un peu trop haute et paf : luxure du genou (une de plus...) ! Pour sortir du site, il faut passer par un petit escalier entre deux roches, juste impossible pour moi... Pendant que je déguste, Anso file chercher de l'aide auprès des gardes. Je sors de là dans les bras d'un des gardes... pas de quoi se plaindre finalement ! Un taxi nous ramène à l'hôtel. Ça ne devrait pas être trop méchant mais me voilà immobilisée pour quelques temps... Je compte sur la nuit pour réparer tout ça, pas question de moisir ici !




































