Du bateau, toujours du bateau...
Et encore un petit coup de bateau...
Après la selva, on pensait avoir un peu de répit pour se reposer à Iquitos, mais non, contre toute attente, il y a un bateau pour Pucallpa, le jour même... Alors on repart ! On passe sur le bateau, le Henry VII, accrocher nos hamacs, et on file faire des provisions pour survivre à la bouffe infâme servie à bord. Tant qu'à faire on fait un détour chez le photographe véreux qui a rafistolé l'appareil photo d'Anso... pas moyen de se faire rembourser... l'appareil-photos fonctionne devant lui alors qu'il était inutilisable 5 minutes avant... pas de bol !
Il règne un vrai capharnaüm sur le bateau... on a quitté la selva mais on est toujours dans la jungle. Le bateau, c'est à chaque fois un peu plus le bordel ! Celui-là, c'est donc bien l'apogée ! Évidemment, il y a un bruit permanent monstrueux mais cette fois, il faut ajouter à ça, les animaux ! Certains passagers voyagent avec des poules, des poussins, des coqs, des énormes tortues, et surtout des perruches ! Plein de perruches ! Et ça a duré 5 jours... je ne cache pas que sur la fin, on a eu une certaine lassitude. Surtout que dès le deuxième jour, il y a eu une tempête, qui a trempé la moitié des hamacs... Il a fait super froid durant tout le reste du voyage. Nous qui nous étions habituées à la moiteur tropicale, nous sommes maintenant condamnées à grelotter dans nos hamacs à côté des péruviens qui eux, se sont mis à la mode tongs-chaussettes sans complexes. Sur le bateau, on est les seules touristes et on ne passe pas inaperçues. A chaque instant on se sent observées. Rien d'agressif, mais quand on passe 5 jours dans une pièce avec des gens qui nous scotchent, c'est un peu long. Enfin je dis rien d'agressif, mais je me suis quand même fait voler mes chaussures pendant une escale nocturne... Sur ce coup-là, j'ai été un peu neuneu de laisser mes baskets de marque sous mon hamac à la vue de tous. Pas facile d'être vigilante 24h/24h. Leçon bien retenue, pour moi comme pour Anso, la nuit suivante, on dormira avec nos sacs sur nous. Heureusement on s'est quand même fait des copains ! Notamment une bande de petits jeunes de 17 ans qui venaient discuter avec nous tous les soirs.
De quoi nous faire travailler lentement mais sûrement notre espagnol. On a vraiment servie d'attractions pour nos voisins de hamacs... mais aussi de garde-manger ! Ceux qui ont remarqué qu'on ne finissait jamais nos assiettes venaient nous demander nos restes... Un mystère pour nous : la bouffe est infecte mais servie en quantité astronomique, pourtant les passagers en redemandent ! A bord du Henry VII, le principe est de faire la queue avec sa gamelle pour aller chercher de quoi s'en mettre plein le bidou. Nous, on avait acheté des petites assiettes, alors que les péruviens se présentent avec des énormes tupperwares (des bassines parfois!) que les cuistots remplissent à ras-bord quand vient leur tour. Et quand un péruvien mange, il ne se pose pas de question, il enfourne son repas jusqu'au dernier grain de riz. Pour le coup, c'est nous qui les regardions bouche-bées durant ces moments-là... Quoiqu'il en soit, ainsi se termine notre traversée du fleuve Amazone ! En tout une vingtaine de jours de bateau ! Une super expérience, mais pas pour les chochottes !...
C'est à Pucallpa que l'expérience prend fin, une ville qui ne sera qu'une étape rapide pour nous ! Nous avions l'intention de visiter les villages indiens alentours mais on ne peut pas se permettre d'y consacrer plus d'une journée, et en aussi peu de temps, on ne peut rien faire de mieux qu'aller observer des indiens que tu payes pour voir danser culs-nus autour d'un feu, c'est-à-dire l'attrape-touristes de base ! Très peu pour nous. Une nuit de repos avant de prendre un car pour Tingo Maria, dernière ville amazonienne pour nous. D'après le guide du routard, la route, 7h en tout, est un « festival de nids de poules », ça promet !
L'enfert vert, du 17 au 20 août
Aujourd'hui, c'est parti pour l'aventure ! Trois jours et trois nuits en pleine « selva », la forêt vierge en espagnol. Nous allons enfin pouvoir découvrir cette Amazonie dont nous n'avions vu que les berges lors de nos séjours en bateau. Notre guide s'appelle Tito, c'est un véritable « nativo », indien de l'Amazonie. Installé depuis peu à Iquitos après ses études, il a passé toute son enfance dans son village, qui n'existe plus aujourd'hui. Et comme tous les enfants élevés en Amazonie, il grimpe aux arbres, connaît les ressources et les pièges de la forêt, sait reconnaître le moindre cri animal... Impressionnant. Son regard aiguisé saura nous montrer des choses que nous n'aurions même pas remarqué ! Après plus d'une heure en bateau, nous mettons enfin le pied en forêt. Bottes en main (pas encore aux pieds) et petits sacs au dos, nous traversons un petit village indien pour découvrir le campement, qui se résume à deux cabanes typiquement indiennes, une pour la cuisine, une pour dormir. Les toilettes ? Y'en a pas ! « Everywhere », comme dirait Tito. La salle de bain ? Une planche en bois en contrebas du campement, au dessus d'une eau qui nous paraît légèrement croupie et infestée de bêtes... Avant de prendre notre premier repas préparé par une femme du village voisin, nous nous reposons.

En début d'après-midi, enfin la première balade ! Nous nous perdons peu à peu à travers les arbres et les premiers contacts sont assez, comment dire, physiques ! Nous nous enfonçons dans la boue et impossible de se servir d'appui contre les arbres pour s'en sortir ! Certains ont des piquants de deux centimètres, d'autres abritent des mygales venimeuses ou encore des fourmis de deux centimètres (la plus grande de la selva) qui avec une seule piqûre peuvent rendre un homme malade pour plusieurs jours... Les insectes sont évidemment les plus faciles à voir et à observer, c'est simple il y en a partout : papillons, fourmis, vers, termites, araignées, chenilles... Nous nous attendions à voir des animaux (des vrais gros mammifères !) assez facilement, mais ici, on n'est pas au zoo, et la nature, ça se mérite. Nous ressortons de là transpirantes, boueuses et piquées par les moustiques mais impressionnées par tout ce que nous avons vu. Finalement, c'est très tranquillement que Tito nous annonce qu'en fait un paresseux se trouvait juste au dessus de nos têtes, au campement, très bien caché dans un arbre feuillu. Le saviez-vous ? Allez, juste un petit cours sur le paresseux pour les plus curieux (les autres, rendez-vous cinq lignes plus loin.) Le paresseux est un animal solitaire, discret, qui se déplace peu et très lentement. Comme son nom l'indique, il dort beaucoup et se nourrit de feuilles, dont il se sert aussi pour se cacher. Il craint certains rapaces et les serpents et ne descend des arbres qu'une fois par semaine pour faire ses besoins. La femelle n'a qu'un seul petit et la période de gestation est de six mois. Voilà ! Quel bonheur d'apprendre des choses sur un animal aussi étrange, tout en pouvant le regarder. Nous installons deux chaises en dessous de l'arbre pour pouvoir mieux nous tordre le cou et surprise ! C'est une femelle qui porte un petit sur son ventre ! Très haut perché, on ne le voit pas très bien. La patience est de mise. Après un repas à la lueur de bougies et entourées d'insectes piqueurs en tous genres, première nuit sous moustiquaires. Tito nous recommande de bien vérifier avant de dormir qu'aucun intrus ne s'est infiltré sous les draps. Très rassurant ! Tellement rassurant que les fourmis géantes et les tarentules hanteront ma nuit, tandis que Caro ronfle tranquillement sous sa moustiquaire.
Deuxième jour, réveil en pleine nature, une journée physique nous attend. Nous partons à 9h pour quatre heures de marche dans cet enfer vert. Un autre guide nous accompagne et Tito et lui se font un plaisir de nous faire monter sur des arbres géants renversés, sur des lianes de Tarzan... La première partie du parcours est vraiment marrante. La deuxième, mmm, un peu moins ! On arrive vite dans la basse selva : lianes, racines grimpantes, eau, boue, tout y est ! Pour ne pas s'enfoncer dans de véritables marais, il nous faut marcher sur des branches à demi-flottantes à la surface, tout en prenant appui sur nos bâtons. On avoue, on a ripé plus d'une fois !
Une heure d'effort pour arriver à un endroit assez improbable : au détour des lianes se trouve un petit lac où flottent des dizaines de plantes aquatiques dont le vert explose aux yeux après la boue de la forêt.
Un petit tour en barque avec Tito pour observer les plantes et les oiseaux, et c'est reparti ! Vamos a regresar ! C'est un peu épuisées qu'on rejoint le campement vers une heure de l'après-midi, après avoir eu la chance d'observer, de loin, quelques singes. Lors du déjeuner, le ciel nous tombe sur la tête. Le fils de la cuisinière rapporte un petit anaconda trouvé en chemin et nous voilà le serpent dans les bras ! J'avais tellement peur qu'il morde (parce qu'un anaconda serre mais mord aussi...) que je le lui ai presque écrasé la tête avec mes doigts (je rassure BB, je ne l'ai pas tué). A peine étions nous remises de l'épisode je-tiens-un-serpent-c'est-froid-j'ai-peur, que le paresseux tombe de l'arbre. Littéralement. Le même gosse avait grimpé dans l'arbre pour aller chercher le paresseux et la branche sur laquelle il était suspendu s'est écrasée au sol ! On est restées bouche-bée, mais heureusement, le pauvre n'avait rien. Un paresseux au sol est très vulnérable et pas très adroit. On a pu le toucher, le prendre dans nos bras et c'était une expérience assez incroyable. Il avait une manière toute particulière de tourner la tête vers nos visages pour nous regarder et de près, il a une tête vraiment drôle :
L'après-midi, un peu de repos avec une simulation de pêche au bord du fleuve, pour pêcher trois poissons-chats minuscules dans la vase. J'abandonne assez vite, je préfère regarder autour de moi. Caro persiste et en pêche un ! Le soir, on tente de les manger mais le goût infect de la vase nous en dissuade bien vite. On est pas bretonnes pour rien, le bon poisson, ça nous connaît ! Le soir, grande balade en pleine nuit. C'est l'occasion de découvrir la selva autrement, avec ses animaux nocturnes et ses milliers de bruits inquiétants... On traverse de nombreux cours d'eau et on peut observer des crapauds énormes, des oiseaux endormis sur les branches, des araignées multicolores... Les odeurs aussi sont différentes. Un moment magique...
Le troisième jour, découverte d'une autre partie de la forêt. Tito nous fait goûter à certains fruits dont le cacao : les fèves, très sucrées, se sucent, avant que le fruit ne soit mûr pour en faire du chocolat.
On croise ensuite des arbres constrictors géants avec leurs branches plantées dans la terre, des rats de la forêt, un hibou, des singes... En rentrant, la sieste dure plus longtemps que prévu et c'est en fin d'après-midi, dans une lumière magnifique qu'on fera notre dernière balade dans la selva. Le temps de voir une énorme mygale noire (et venimeuse !).
Le soir, on demande à Tito de nous raconter les légendes de la selva, et surtout des histoires qui font bien peur. Tous les trois dans nos hamacs, à la lueur de la bougie, nous voilà plongés dans un univers de démons et d'esprits, assez terrifiants ! Tito y croit-il lui même ? Le mystère reste entier. En tout cas, ça pourrait être une belle idée de livre, voire une niche éditoriale...
Le lendemain, nous repartons après le petit-déjeuner, encantadas para la selva ! Le retour à la civilisation est très dur et brutal. Nous passons à l'agence chercher nos gros sacs et repartons directement au port pour prendre un bateau pour Pucallpa. Après trois jours à la dure, on se sent extrêmement sales, les superbes douches du bateau feront l'affaire !
Iquitos
Trois jours de bateau pour arriver à Iquitos, c'était bien assez ! A bord c'était la teuf des cafards et les douches étaient tellement crados qu'on se sentait presque plus sales en sortant qu'en entrant... Trois jours cloîtrées dans nos hamacs à s'auto-rassurer... Arrivées à Iquitos en tout début de matinée. Notre première ville du Pérou. On est vraiment heureuses d'être là ! La ville grouille de moto-taxis (des espèces de pousse-pousses, accrochés à des motos). Voilà un moyen de transport qui a de l'avenir, un créneau à développer à Paris : plus petit que la Smart et plus pratique que la moto (par contre aussi peu classe et aussi peu discret qu'une vieille mob'...). Pour nous l'intérêt de cette ville est d'être le point de départ de notre expédition dans la forêt amazonienne ! On fixe notre départ dans deux jours, le temps de se remettre du bateau. Mais finalement, il y aura un changement de programme ! Anso est victime d'une intoxication alimentaire ! La virée en forêt de transforme en balade à la clinique du coin ! (Clinique financée par l'église adventiste ! Un mauvais signe ?). Le médecin confirme notre diagnostique et prescrit quelques médocs, du repos et de bien se laver les mains ! Ça, c'est de la science ! Pendant qu'Anso se repose je tente de me remettre au footing... pas moyen de tenir plus de 10 minutes ! Je vais mettre ça sur le compte de la chaleur tropicale...
Brésil - Pérou : passage tumultueux de la frontière
Nous arrivons à Tabatinga très tôt le matin, le jour n'est pas encore levé. Avec notre copine Mila, nous attendons au port les premières lueurs pour nous rendre au poste de police de l'immigration, pour faire tamponner notre passeport côté brésilien, afin d'attester (et de permettre) notre sortie du territoire. Cela se fait sans difficulté. Après avoir dit au revoir à Mila, il nous reste maintenant à savoir s'il est possible de prendre un bateau aujourd'hui pour le Pérou, et si oui, combien devons-nous retirer d'argent à la banque. Petite explication : Tabatinga est une ville brésilienne qui touche la ville de Leticia (en Colombie) et il suffit de se rendre sur l'île de Santa Rosa, juste en face, à deux minutes à moteur de barcasse, pour être au Pérou. Nous voilà donc à la frontière de trois pays, ce qui complique tout, notamment au niveau de la monnaie. Devons-nous utiliser des reais (brésiliens), des pesos (colombiens), ou des soles (péruviens) ? C'est la question qu'on se posera toute la journée... Les ennuis commencent maintenant ! Nous nous rendons au port afin de récolter des informations concernant l'horaire des bateaux pour Iquitos. Les gens nous assurent qu'un bateau part le soir même, parfait pour nous ! Le prix des billets serait de 140 soles pour deux, et on nous affirme que nous devons payer en monnaie péruvienne. Pour changer de monnaie, il faut se rendre à Leticia... Nous prenons donc deux motos taxis jusqu'à Leticia, cinq minutes suffisent. Mais là on s'embrouille : à la banque on retire des pesos et non des reais, et ne sachant pas combien font 140 pesos en soles, on retire une fois, deux fois... trois fois... Jusqu'à avoir le compte (bonjour les frais bancaires!). Ensuite, direction le bureau de change, pour transformer nos soles en pesos. Vous suivez ? Nous, on a galéré ! Un peu soulagées d'avoir enfin la bonne monnaie et le bon montant en main, nous voilà reparties au port. Après avoir fait quelques courses, on décide d'installer nos hamacs sur le bateau. Avec la chaleur et les sacs, on a juste envie de se poser. Nous prenons une petite barque pour arriver jusqu'au bateau. Mais au moment de payer le chauffeur, il refuse notre billet de 20 soles, troué ! La dame du bureau de change nous a bien eu, ça nous apprendra à ne pas regarder la monnaie qu'on nous donne. Première leçon ! Finalement, on réussit à s'arranger en achetant un bidon d'eau à une dame, qui elle, accepte le billet. Nous voilà enfin sur nos hamacs ! Le bateau est sale et vieux, les bébêtes sont au rendez-vous... Mais voilà, concentrées sur nos petites transactions, nous avons oublié d'aller faire tamponner nos passeports à Santa Rosa, côté péruvien ! Sans ça, impossible de passer la frontière sans problèmes.
Et le bateau lui, ne reste pas au port ! J'en parle au responsable de l'administration sur le bateau qui m'assure qu'il n'y aura aucun problème pour le faire : le bateau reviendra au port à 16h, et ne partira pour Iquitos qu'à 21h, ce qui nous laissera largement le temps de nous rendre à la police de l'immigration. Mais les heures passent, il est 17h et le bateau est à une heure de Santa Rosa, à faire le plein... bidon par bidon... lentement. On décide de descendre du bateau et de prendre une barque rapide. Pour compliquer encore les choses, la première barque qui nous prend en « bateau-stop » n'est pas rapide, pour en prendre une autre, il faut se rendre dans un village dans le sens opposé de Santa Rosa. Et lorsque le chauffeur s'arrête dans une maison sur pilotis pour changer nos soles en reais (décidément, on n'a jamais la bonne monnaie..) on se rend compte qu'on a encore changé d'heure depuis Manaus et qu'il n'est pas 17h mais 16h ! On repart donc sur la petite barque et on arrête en plein milieu du fleuve notre gros bateau qui repartait pour Santa Rosa (le bateau-stop, ça nous connaît) ! Le capitaine, trop gentil, s'arrête, et c'est reparti pour un tour. C'est finalement à 19h qu'on arrivera enfin à Santa Rosa, et qu'un jeune du bateau, touché par notre détresse (kuf kuf), nous accompagnera jusqu'à la police, en pleine nuit... Enfin, nous y sommes, passeports tamponnés, bienvenue au Pérou ! Nous avons donc pu passer aisément les contrôles policiers sur le bateau... Nous sommes maintenant arrivées à Iquitos, après ce long voyage en bateau, et nous partons pour trois jours en expédition en Amazonie !
Direct News : nouvelles aventures de Caro et …
Cette fois, il s'appelle Ernesto. Changement de pays, changement de beau gosse. Il est péruvien, et a la sexy attitude dans le sang. Sur le bateau qui nous emmène à Tabatinga, Caro installe son hamac près du passage, très pratique pour se faire remarquer. Et ça marche ! Dès le premier jour, le « cuisto » comme on l'a surnommé au départ, ne manque pas de caresser la joue ou la main de notre belle Caro. Résistera-t-elle longtemps aux appels incessants de ce ténébreux ? Pour faire le beau, Ernesto ne manque pas de changer de tee-shirt tous les jours. Le must : le jaune fluo qui met son embonpoint très en valeur. Caro remarque cette parade et soupire « … et en plus, il a le même prénom que le Che.... » Alors là, il marque un énoooorme point. Mais, comme toujours, une autre femme veille sur notre paon. Surnommée le « phacochère » en raison de sa grâce et de son amabilité, elle est la femme légitime d'Ernesto, et déclare une guerre sans merci à Caro. Lorsqu'un jour elle refuse l'accès à la cuisine à notre héroïne, cette dernière, prête à craquer aux avances d'Ernesto, ne peut faire face à la rage de cette femme amoureuse. Le soir même, quand Ernesto s'avance pour un premier baiser, Caro refuse et remonte sur le pont, les larmes aux yeux. Quelque chose entre eux est brisé et les passages d'Ernesto au hamac se feront de plus en plus désespérés... A notre arrivée, il lui fera d'un cadeau d'un tee-shirt de la marine marchande brésilienne ! Mince alors, moi aussi j'aurais dû trouver un beau péruvien !
On the boat again ! sur l'Amazone du 3 au 10 aout
C'est reparti pour un tour ! Aujourd'hui 3 août, départ pour 7 jours de bateau jusqu'à Tabatinga. Aucun problème, on connaît ! On arrive à bord du bateau le « Voyager III » dès le matin du départ et on se plante dans nos hamacs pour observer ce qui se passe !
A moins d'1h du départ, on constate que nous sommes les seules touristes... Mais non, raté ! Peu de temps après, débarque une drôle de nana blanche et frêle avec un énorme sac à dos et un bel ensemble tongs-chaussettes. Elle ne paye pas de mine mais elle en impose sous son énorme sac à dos. Voici Mila ! Une autrichienne de 25 ans avec qui on passera un peu de temps sur le bateau. Mais sinon c'est du garantit 100% local ! Une joyeuse troupe moitié brésilienne moitié péruvienne. Ces quelques jours vont pour nous être l'occaz' de bredouiller nos premiers mots en espagnol ! (je rappelle qu'au Brésil c'était du portugais !). Une traversée qu'on a adorée grâce à un équipage vraiment sympa et aux petits soins avec nous, grâce aux gens du bateau avec qui on a pu discuter, grâce aux nombreuses (trop nombreuses?!...) escales dans des petits villages indiens complètement dépaysants et grâce à la flopée de dauphins (plus précisément des botos) qu'on a pu observer.
Bien sûr tout n'était pas rose. Les repas étaient par exemple chaque jour un peu plus immondes ! Les premiers jours, on avait des petit-déj' avec du pain et des repas avec un peu de viande, un peu de pâtes et un peu de riz... à la fin, pour le petit-déj' on avait le droit à des vieux gâteaux secs genre Tucs, et le dernier repas, l'apogée : un infâme bouillon dans lequel trempaient des vieux bouts de poulets à moitié cuits. Mais au final, une bonne semaine qui met fin à nos deux mois au Brésil puisqu'à l'arrivée nous débarquons à Tabatinga, ville frontière qui marque notre entrée au Pérou !
Manaus - du 1er au 3 aout
C'est à Manaus que nous nous réadaptons à la terre ferme. Notre première envie en arrivant, nous offrir un petit dej' de ouf ! C'est donc après s'être enfilées un énorme bout de gâteau au chocolat et sous une chaleur écrasante qu'on tente de rejoindre un hôtel. On a bien zigzagué dans les rues surpeuplées de Manaus en se tordant de rire à chaque fois qu'on s'arrêtait pour demander notre chemin. Il faut croire que la combinaison chaleur atroce, sac de 1000 kg et sens de l'orientation totalement out a des vertus comiques... le gâteau au chocolat n'avait pourtant rien d'un « space cake »... Bref on finit par trouver un hôtel qui nous semble être un palace après le confort spartiate du bateau. Le bonheur de retrouver un petit peu de confort et de bouffe mangeable ! On en profite pour se balader, préparer tranquillement la suite de notre voyage et pour revoir Raoni, un brésilien que nous avions rencontré à São Paulo et qui bosse maintenant à Manaus. Soirée sympa en sa compagnie sur la place du théâtre à Manaus. L'occasion de goûter un breuvage infâme : l'alcool de crabe. Les fans des Bronzés font du ski n'auront pas de mal à se représenter ce que c'est : c'est exactement comme ce que boivent les gugusses du film, le truc immonde avec le crapaud. Là, pareil ! Une bouteille d'alcool fort avec à l'intérieur un énorme crabe... Ne me demandez pas comment il est rentré là-dedans... Le résultat est probant : on a l'impression de boire du jus de poulpe coupé à l'eau d’égouts... Slurp !
Les chignons en bateau, la croisière s'amuse-t-elle ?
On l'a voulu, on l'a eu ! Comme prévu du 26 au 31 juillet, nous étions à bord du Santarem pour relier Belém à Manaus par l'Amazone. Autant le dire, c'était 5 jours sans chichis ! A part quelques uns qui ont choisi de dormir en cabine privée (plus cher !), tous les gens à bord accrochent leur hamac dans une grande salle au deuxième étage du bateau. 5 jours pendant lesquels on a fait une croix sur notre intimité ! L'histoire de Rose et de Jack aurait perdu un peu de son glamour à bord du Santarem... Le bateau est plein et par conséquent les hamacs sont les uns contre les autres... une fois calées, pas moyen de faire un geste sans donner un coup à Raymondo ou Pedro... Enfin c'est pas le moment de jouer les timides, on connaissait les conditions en prenant nos billets de bateau ! On installe donc nos hamacs au milieu de toute cette joyeuse troupe et c'est parti !... Ou pas... Le bateau part avec 4 – 5h de retard. Bien plus de temps qu'il ne faut pour explorer le bateau et se rendre compte qu'il est infesté de cafards... Mmmmh, il est encore le temps de descendre non !?...
Finalement, on partira vers 22h30, une bonne heure pour tester nos hamacs ! Vraiment confortables ! C'est toujours ça de pris !
Le lendemain, réveil assez matinal vers 7h. Pourquoi se lever tôt quand on sait qu'on n'aura rien à glander de la journée, à part siester et regarder la forêt défiler ?... Simplement parce qu'on n'a pas le choix ! Il règne un tel bruit que ce n'est même pas la peine d'envisager de se rendormir. Entre les gamins qui pleurent, les relous qui mettent la musique à fond, les rires, les cris etc. C'est donc le moment de tester les douches... avec beaucoup d'appréhension... Beurk ! Appréhension justifiée, c'est tout petit et tout dégueu... Un bonheur ! Heureusement, on comprend mieux pourquoi on est là quand on monte sur le pont et qu'on observe les berges de l'Amazone. De chaque côté, la forêt ! Très peace de poser ses fesses sur une chaise sur le pont, de regarder la forêt et de scruter le fleuve pour apercevoir des dauphins ! Bon, il en faut pour tous les goûts, moi j'étais plus « pont », Anso était plus « hamac ». Le pied aurait été de combiner le confort du hamac et la beauté du paysage. Finalement, quand on a dit ça, on a résumé nos journées sur le bateau... Pas vraiment sportif quoi ! Pas vraiment la peine de détailler chacune de nos journées, mais on peut s'arrêter sur une petite description des passagers, dans un petit bateau comme ça, les compagnons de galère c'est primordial ! Pour en parler, le mieux c'est d'abord de faire deux catégories : les locaux et les touristes. Commençons par ces derniers ! D'abord, il y a Laure et Cyril, le couple de français sympas... mais un peu terre-à-terres, intéressants mais trop raisonnables, voyageurs mais dénués de folie ! Le grand plaisir de Cyril, c'était de nous faire remarquer que les activités qu'ils avaient fait durant leur voyage étaient systématiquement moins cher que les nôtres... Comme dirait Anso, c'est comme dans la pub Leclerc, on dirait qu'à chaque fin de phrase de ce type, on entend le bruit d'un gros coup de tampon qui précise «MOINS CHER » en capitales rouges. « Quiestlemoinscher.com » c'est lui qui l'a inventé !
Ensuite, il y a Julien, un autre français. Lui, c'est le beau voyageur solitaire aux cheveux longs. Quand je l'ai vu passer devant nos hamacs, je me suis dit « Youpi ! Un beau gosse ! » En fait, pas vraiment... il a une caractéristique qui détruit tout le reste : sa voix ! Comment dire, sa voix est mi-aigüe/mi très aigüe! J'aurais envie de dire, un peu comme un ado qui mue, mais en fait, non, c'est pire !
Après, il y a la jeune voyageuse canadienne qui se trimbale 24h/24h avec un sourire jusqu'aux oreilles et qui a l'air tout le temps trop heureuse.
Vient ensuite le vieux couple de touristes australiens à la retraite. (81 ans !!!!) Ceux-ci devaient avoir besoin d'un peu d'exotisme, j'imagine. (Qui n'en n'a pas besoin !?... Mamie si tu me lis...) Leur kif, c'est de poser leurs grosses fesses l'un à côté de l'autre sur le pont et de regarder le paysage défiler. (Tout comme moi d'ailleurs...)
Autre couple haut en couleurs, les retraités italiens loufoques. Tout maigres, tout souriant et tout bariolés. La dame ne rate pas une occasion de tailler la bavette à droite à gauche en s'adaptant à la langue de son interlocuteur. Je ne l'ai vu reculer qu'une seule fois devant une conversation, c'était lorsque Cyril commençait à aborder avec elle la question de l'économie en Chine.
Passons maintenant à la catégorie des locaux ! D'abord, il y a le mec bizarre qui passe son temps à boire des bières et à en offrir à tout le monde. Quand on refuse, il fait semblant de pleurer... c'est donc ZE moyen pour se payer une cuite gratis à bord (chose qui n'a pas échappée à notre amie la jeune canadienne !). Le grand plaisir de ce dernier c'est de prendre des photos des touristes. On n'y a d'ailleurs pas coupé.
Vient ensuite la folle du bateau ! Chaque village a son idiot, c'est peut-être un peu pareil pour les bateaux ?... La folle hante la salle des hamacs, elle avance comme un fantôme, les mains crispées en avant, à la Mickael Jackson dans Thriller, et elle s'arrête de hamacs en hamacs pour essayer de communiquer en moitié portugais-moitié dialecte de fou. Lorsqu'elle plonge son regard creux dans celui de quelqu'un d'autre, ça glace le sang direct ! Enfin je plaisante, mais on a moins ri lorsqu'elle a tenté de se jeter à l'eau ou quand elle s'est mise à hurler en pleine nuit.
On peut ensuite parler de nos voisins de hamacs : à ma droite, un mec à l'air bœuf qui écoute de la musique atroce en se balançant dans son hamac toute la journée. Autant dire que j'étais heureuse quand la batterie de son MP3 a lâché ! A la gauche d'Anso, Raymondo dans son hamac rose fuchsia. Il ne sait ni lire ni écrire mais est maître dans l'art de faire rire les autres. Un poil plus loin, Lucas, qui ressemble a un petit singe quand il se balance dans son hamac vert. Tout mimi le Lucas ! Et avec un sourire à tomber par terre !
Ah la la la ! Je ne pourrais pas les décrire tous mais je peux encore m'attarder sur quelques uns... Par exemple, le couple mal assorti de service : elle est jeune et jolie, il est vieux, laid et ventru, et ils passent leurs journées à se balancer dans leur hamac respectif en se caressant et en se dévorant des yeux. … Le papy un peu vicieux qui passe 20 fois par heure devant nos hamacs avec un vieux sourire en coin ; la fille qui ne parle pas jamais mais qu'on entend toujours rire très fort ; le mec un peu neuneu qui rigole comme Mickey ; la mère et ses deux petites filles qui dorment en se tenant les mains ; etc. et enfin le meilleur pour la fin : le beau Franciné (mmmh pas sûre pour l'orthographe) qui a des yeux d'un vert à se damner et qui assure qu'il parle « um poco d'inglês » alors qu'il n'aligne pas deux mots ! Enfin honte à moi, je n'avais qu'à apprendre le portugais !
Voilà pour les présentations ! J'en aurais presque la larmichette de repenser à toute cette joyeuse bande ! Vivement la prochaine, dans trois jours, jusqu'à Tabatinga !
Belém, du 23 au 26 juillet
Après une nuit dans le bus, nous parcourons le marché du Vel o Peso pour dénicher le meilleur ananas, (on le mange en barre, comme une glace) et le bolo le plus appétissant. Belém dans la journée grouille de monde, et sur le marché, on trouve de tout. Juste à côté de cet endroit populaire, se trouve un bâtiment tout neuf. Les anciens docks ont été transformés en un espace climatisé et aseptisé destiné à accueillir la classe moyenne de la ville. En deux pas, nous quittons la fournaise et les vendeurs à la sauvette pour entrer dans un monde frais et... d'argent. Drôle de sensation que cette impression de passer d'un monde à un autre en une minute. Notre privilège de touristes : pouvoir passer de l'un à l'autre sans problèmes, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Dans la journée, nous achetons nos billets de bateau pour rejoindre Manaus. Départ prévu le mardi 26 ! Nous achetons également nos hamacs, nos futurs lits ! Le lendemain, nous passons la journée au jardin botanique, pour trouver un peu de fraîcheur au milieu de la faune (et flore) amazonienne. Première surprise du parc : nous avons la chance d'observer un paresseux en liberté, passant (très lentement) d'un arbre à un autre. En soirée, nous traversons toute la ville en bus pour rejoindre la maison de Paulo, notre couchsurfeur. Il vit dans un quartier modeste avec son grand-père, très accueillant. Le soir même, nous voilà embarquée à la messe de l’Église Adventiste du Septième Jour, que fréquentent Paulo et son grand-père. Ce dernier, très croyant, fait entendre avec force un « AMEN » à chaque fin de phrase du pasteur. Nous avons eu du mal à retenir nos sourires. Une fois de retour à la maison, Paulo nous prépare un délicieux suco d'acerola (la cerise d'ici), et nous passons la soirée à bavarder. La nuit sera affreuse : nous dormons sans moustiquaire sur un matelas gonflable, et les moustiques sont impitoyables. Caro dort carrément sous son drap de soie, moi... trop chaud sous mon sac de couchage, je vois défiler les heures... et je me réveille le lendemain couverte de boutons sur le visage et les bras, une vraie framboise !
La dernière journée est consacrée aux achats de provisions avant le départ en bateau : eau minérale et biscuits au chocolat ! Le soir, le grand-père nous montre toutes ses photos et en vrai bavard, ne cesse de nous parler, en portugais bien sûr ! La pensée que Paulo invite des touristes pour tenir compagnie à son grand-père nous fait beaucoup rire.
Deuxième nuit blanche avant de prendre le bus pour le port de Belém. L'abraço avec le grand-père de Paulo est assez touchant, il nous serre fort dans ses bras, on a la larme à l'oeil. Arrivées sur le bateau trois heures avant la départ, nous découvrons avec surprise que la salle des hamacs est déjà pleine. Heureusement, nous trouvons deux places côte à côte, en face des fenêtres. C'est parti pour cinq jours sur l'Amazone...
Alcântara et départ pour Belém !
Pour notre 36ème jour au Brésil, on troque définitivement notre crème Nivéa contre un puissant anti-moustiques, nettement plus utile ici ! Un peu déçues par São Luis, on décide de prendre un bateau pour Alcântara, un petit « village-fantôme » qui a été déserté du plus gros de ses habitants et dont la moitié des maisons sont délabrées et enfouies sous la végétation. Le bateau en question est une grosse barcasse en bois peinte en bleu-canard WC. A côté, le bateau de Belle-île un jour de tempête, c'est la croisière s'amuse... Non seulement le bateau n'inspire pas vraiment confiance mais la mer est bien agitée... Heureusement, la traversée ne dure pas plus d'une heure. Trajet un poil crispant... mais finalement ni l'une ni l'autre n'a viré au vert. Vive le sang breton ! On rejoint ensuite notre pousada en moto-taxi, après le bateau, plus rien ne nous fait peur ! Pas de bol, il n'y a plus de place pour nous dans cette pousada mais on a eu la chance de tomber sur une famille de brésiliens qui nous a amené jusqu'à une autre... Pas vraiment un palace mais on prend !
C'est plutôt sympa de se balader dans Alcântara. C'est à la fois joli et triste : les maisons colorées côtoient de vieux bâtiments en ruines recouverts de végétation. Le soir, on croise un affreux brésilien libidineux qui louchait lourdement sur Anso. Il parle un anglais difficilement compréhensible mais d'après ce qu'on comprend, il est éditeur et a publié un livre bilingue français-portugais. Plutôt enthousiastes de rencontrer un éditeur, on discute et on finit par lui dire que nous prévoyons d'aller à la plage le lendemain. Grave erreur, il s'est mis à baver en nous affirmant que c'était compliqué d'y aller mais qu'il pouvait nous y amener. Beurk, on n'a pas été longues à se carapater de sa bicoque à c'ui-ci !
21 juillet
Journée de la lose ! Ça avait pourtant bien commencé par une balade sur la plage, par laquelle on accède en barque grâce à un vieux du coin qu'on paye quelques reais. Très jolie plage, déserte qui plus est ! Dommage que l'eau soit d'une vilaine couleur maronnasse. Enfin déserte jusqu'à ce que le vilain libidineux d'hier soir se ramène dans son immonde maillot de bain... pas moyen d'y échapper !...
L'aprem, manque de bol on voulait rentrer par le bateau de 14h... il était plein ! Obligées d'attendre celui de 17h et de reculer notre retour à São Luis et donc notre arrivée à Barreirinhas, la prochaine étape. Et mer.... !
Pour le retour on a eu droit à une autre sorte de bateau qui avait l'air plus stable... avait l'air seulement ! Le premier tanguait pas mal, celui-ci plus haut que le premier, se laissait complètement mener par les vagues, une horreur quand elles se déchaînent ! Mais bon, une fois de plus on a tenu le choc (contrairement à quelques vomitos sur le bateau).
22 juillet
Après la journée de la lose, journée de la grosse lose ! Levé à 6h du mat' pour prendre nos billets de car São Luis/Barreirinhas. Plus de places ! Il arrive que les choses se répètent... Obligées d'annuler Barreirinhas et la visite du parc national dos Lençois Marhanhenses. A la place on prend nos billets direction Belém ! Le car n'est qu'à 19h. Une journée entière à attendre à la gare... Si Paris nous a rendu impatientes, pas de doute, ce voyage va nous blinder contre ce mauvais travers !























