Premier post du Bénin, où nous entamons la deuxième partie de notre voyage, en terre africaine cette fois ! Après quelques semaines de pause en France, nous voilà reparties sur les routes pour de nouvelles aventures ! Je suis la première arrivée à Cotonou, capitale économique du Bénin (la capitale administrative étant Porto-Novo), Caro me rejoindra deux jours plus tard. C'est avec un grand plaisir que je retrouve mes amis béninois, notamment Hariss, mon meilleur ami et mon guide ici ! La première journée, accueillie par Hariss, Ziana et Mansoura, ses deux sœurs, je reprends mes marques dans cette ville qui est un peu comme chez moi. Le matin, j'accompagne Hariss à son match de foot dominical où tous ses collègues me saluent d'un aimable «  Bonjour Madame ! ». ça m'aurait glacé le sang en France, ici ,c'est une marque de respect, notamment envers les plus jeunes ! Chez nous on préfère le « Mademoiselle », ici les filles préfèrent être appelées « Madame »... Il va falloir s'y faire... N'est-ce pas Caro ? Je fais connaissance avec les enfants du coin pendant qu'Hariss se fait cogner les tibias.

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Après le match, une forte pluie tombe sur la ville, on en profite pour dormir un peu avant de repartir en scooter à la recherche de beignets de farine de blé (appelés « pâtés »)... La nuit tombe sur Cotonou, et on repart avec Hariss, l'air frais (et aussi pollué, il faut bien l'avouer) dans les cheveux, faire une petite visite aux uns et aux autres. Actuellement, c'est la petite saison des pluies au Bénin, et les averses rafraîchissent l'air !

 

Mardi matin très tôt, direction l'aéroport pour accueillir Caro, qui a pris l'avion toute seule comme une grande (voyageuse) ! Le Bénin est une grande découverte pour elle, une redécouverte pour moi et on en prend plein les yeux ! Première approche de la ville en zem et à pied ! Dans les rues, les enfants nous accostent avec leur refrain « Yovo, yovo bonsoir ! (« yovo » est le terme que les Cotonois utilisent pour parler des « blancs », en langue fon.) et le dépaysement est total. L'après-midi, accompagnées de ma copine Germaine, nous allons faire un tour au marché Dantokpa, l'un des plus grands marchés d'Afrique de l'Ouest, après celui du Ghana. C'est un endroit grouillant de monde : vendeurs en tous genre, tireurs de marchandises agressifs, des femmes portant de lourdes charges sur leurs têtes, des enfants allongés à même le sol... Impossible de s'y retrouver, et l'hésitation n'a pas sa place ici : on pousse, on tire, on contourne mais chacun se fraie son chemin. Sinon, gare aux invectives qui ne tardent pas à fuser ! A première vue, un marché puant et sale, où en tant qu'européennes, observées et détaillées par les béninois, on ne se sent pas à l'aise. Pourtant, la beauté est partout : les légumes sur les étals, l'odeur d'une mangue mûre, la couleur des tissus traditionnels, l'odeur des épices, le regard curieux des enfants, le sourire d'une vendeuse à qui on achète des bananes... L'Afrique quoi ! J'imagine qu'il faut revenir plusieurs fois dans un tel endroit pour se sentir un peu plus à l'aise, et peut-être même prendre quelques photos...

 

Le lendemain matin, nous avons rendez-vous aux éditions Sinaï, où travaille Hariss, afin de faire une petite visite des lieux. Le chef de fabrication nous explique son travail en détails et on rencontre aussi le graphiste, l'assistante d'édition... Rendez-vous sur le blog de l'asso pour en savoir plus ! L'après-midi, on se rend à la plage. Cotonou est une ville construite au bord de l'océan, et pas besoin d'aller bien loin pour s'allonger sur le sable. L'endroit est désert, et il n'y a que nous et les vagues. Un vrai plaisir après l'agitation constante des rues de la ville.

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En fin d'après-midi, pour rentrer, nous prenons un « zem ». Les zems, diminutif de « zemidjan » (qui signifie en fon « emmène-moi vite ») sont des motos-taxis qui vous conduisent en moins de deux où vous voulez. Pas chers et pratiques, il sont constamment utilisés par la population. Par contre, il ne faut pas avoir peur en moto ! Ils roulent parfois très vite et sans égards pour leurs passagers. Caro et moi, on monte à deux sur un seul zem. Ça coûte moins cher, et on est sûres de ne pas être séparées. Certains zem refusent à cause des policiers, d'autres acceptent sans problème. Nous voilà donc installées (ou plutôt coincées) sur notre zem.. On traverse toute la ville pour rejoindre notre petit hôtel. Pas un policier en vue ! Jusqu'au moment où le zem nous dépose devant la porte... où se trouve un gros policier ! On se met à rire tous les trois... L'autre fait semblant de ne pas nous avoir vus, ouf ! Prendre un zem est une véritable aventure à chaque fois. En seulement quelques jours nous avons eu un zem chanteur, deux demandes en mariage, un prêcheur de la bonne parole, un zem agressif, un zem bolide... Et ce n'est pas fini !

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