Après avoir passé assez vite le haut-nord argentin, on décide de passer la frontière bolivienne pour une dizaine de jours. Le passage de la Quiaca à Villazon se fait très facilement (contrairement à une américaine qu'on rencontre à ce moment là, et qui doit payer 100 dollars pour passer, et fournir une tonne de paperasse !) et un tampon plus tard, on retrouve avec plaisir l'ambiance qui nous rappelle le Pérou : les mamitas en costumes, les chips à la babane, la coca, les petits restos pas chers... A peine passés, on prend un bus pour Tupiza, au sud-ouest de la Bolivie, d'où on compte partir en excursion pour visiter le salar d'Uyuni, le désert de sel le plus grand au monde ! Finalement, un hôtel puant et deux agences de voyage plus tard, on se rend compte que ces excursions sont trop chères pour nous. Direction la ville d'Uyuni, avec un trajet en bus de jour : paysages vallonnés et montagneux, lamas dans tous les coins, chèvres, ânes, campesinos devant leurs maisons... Le Pérou et la Bolivie semblent vraiment proches tant au niveau du relief que de la culture !

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Arrivés à Uyuni, on se décide pour un tour d'un jour au salar. On voudrait avoir la force de comparer les agences, mais une grosse bonne femme à l'air mielleux nous aborde dès la sortie du bus, avec trois mots d'anglais et de français. On décide de la suivre jusqu'à son agence. Elle fait bien son speech et nous propose un tour privé rien que pour nous quatre (l'américaine est toujours avec nous) : départ à 10h du matin, avec plus de temps sur le salar jusqu'au coucher du soleil. Cette solution nous permettrait de prendre un bus dès le lendemain soir pour Potosi. On négocie le prix et on accepte, même si elle ne nous inspire pas une grande confiance. On a juste envie d'aller prendre une douche et de manger !

Le lendemain, en bons français respectueux des horaires, nous voilà à 10h moins cinq devant l'agence. La bonne femme avait promis qu'elle serait là pour nous accueillir et nous présenter le chauffeur. Les minutes passent, on commence à s'impatienter. Elle arrive tout sourire à 10h30 passées, avec le chauffeur. Elle nous assure qu'elle avait dit qu'on ne partirait pas avant 10h30... On se sent floués, le ton monte, Manu s'énerve, elle ne s'attendait pas à ça. On lui pose un ultimatum : soit elle nous rembourse tout, soit elle baisse le prix de 50 bolivianos par personne. Elle accepte la deuxième solution, et en nous rendant l'argent, glisse à son chauffeur en espagnol : « Ils ne verront pas le coucher du soleil ! ». Décidément, elle nous prend vraiment pour des imbéciles (non-hispanophones qui plus est). On lui reproche encore sa mauvaise foi, elle se rattrape avec un sourire jaune et nous fourgue dans le 4x4. L'américaine semble médusée de notre scandale et prend ses 50 bolivianos avec des yeux ronds. On n'est pas français pour rien ! On oublie vite cette mésaventure, d'autant plus que le chauffeur, Ivan, n'en semble pas affecté. Premier arrêt : le train fantôme (piège à touristes de 5 minutes). Deuxième arrêt, des soi-disantes momies (en fait des squelettes humains laissés dans une maisonnette en pierre, cigarettes et pièces sur les crânes). On tente de soutirer des infos au guide mais il répond vaguement ou simplement « oui » à toutes nos questions... Bon, je sens qu'internet sera d'un meilleur soutien !

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Enfin, on arrive au Salar d'Uyuni en fin de matinée. A cette période de l'année, le salar est recouvert d'une couche d'eau (de quelques centimètres jusqu'à un mètre cinquante à certains endroits), ce qui donne un effet de miroir absolument gigantesque ! Pour vous donner une idée (avant quelques images) le salar s'étend sur plus de 12 000 km² et représente actuellement un tiers des réserves de lithium de la planète. Entre le sel dur et blanc sous l'eau et les nuages se reflètant dans l'eau, il nous semble être au milieu d'un immense mirage. On monte sur le toit du 4x4, et au fur et à mesure qu'on avance, nous sommes seuls dans cet endroit étrange et on pose le pied dans l'eau ! Les tongs sont vites de sorties, car le sel est trop dur pour nos petites plantes de pieds. C'est parti pour des photos... (je vous laisse adjectiver!). En soirée, le salar se vide de ses touristes et nous avons le salar pour nous, avec les flamands au dessus de nos têtes.

 

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Les nuages gâcheront le coucher de soleil mais une autre surprise nous attend ! On retrouve Julie et Laurent, nos copains du Pérou ! On se saute dans les bras et on se promet de se revoir le lendemain à Potosi. Notre bus nous attend, on part ce soir pour Potosi.

Arrivée à Potosi en plein milieu de la nuit... dans cette ville titrée « la plus haute au monde » ! On a vérifié, c'est bien vrai... Le salar était déjà à 3600 mètres, ici, on arrive à 4070 ou 4090 mètres selon les sources. On découvre une jolie ville avec ses nombreuses églises, ses ruelles pavées et sa place, le tout construit sur une colline, en pente ! Nous revoilà à boire du maté de coca ! Deux jours tranquilles à découvrir les marchés, et à essayer de négocier quelques produits artisanaux. Mais les boliviens se révèlent plus durs en affaire que les Péruviens... Certains refusent même de négocier tout court... C'est même pas drôle ! Nous passons également pas mal de temps avec Julie et Laurent et à échanger nos histoires de voyage (nous avons apparemment traversé moins de pièges à gringos que ces deux là !). Une des particularités de Potosi ce sont ses mines dans les montagnes, qui entourent la ville. Des centaines de mineurs y travaillent encore, et notamment des enfants. Étant peu motivés pour la visite, nous nous sommes rendus à une séance cinéma : un documentaire intitulé « The Devil's miner » (beaucoup d'infos sur le net pour ceux qui sont intéressés), sur le travail des enfants dans ces mines. Touchant et prenant, on suit deux jeunes frères, qui, pour faire vivre leur famille, risquent leurs vies chaque jour en s'enfonçant dans les mines. Ils nous font partager leurs peurs, leur complicité, leur envie d'étudier à l'école, et surtout, leurs espoirs d'un avenir meilleur. Étrange sensation d'être dans cette même ville, et de savoir qu'à quelques kilomètres, là-bas, plus haut dans la montagne, ces gosses travaillent dans cet enfer...

Très tôt le lendemain matin, nous prenons un bus pour Sucre (prononcer Soucré), l'une des plus belles villes du pays. En arrivant, on apprend que tous les dimanches se tient le plus grand marché artisanal pas loin de là, à Tarabuco ! Il nous faut deux heures pour y aller, et lorsqu'on arrive, le marché se termine... Dommage ! On a quand même pu voir des boliviens de plusieurs communautés avec des habits traditionnels très différents, venus vendre leurs mantas tissées finement. Après les prix prohibitifs argentins, on a vraiment envie d'acheter quelques petits cadeaux ! Le temps de regarder les boliviens ramasser leurs échoppes et nous voilà repartis pour Sucre.

Le surlendemain, deux jours de voyage sont prévus. On a en effet décidé de traverser le Paraguay (diablement moins cher) pour rejoindre le nord-est de l'Argentine. Notre périple commence le 6, destination : Santa Cruz (toujours en Bolivie, 15h de route). En milieu d'aprèm, on se retrouve devant un bus moisi, et à l'intérieur, des odeurs de transpiration aigre et d'urine nous assaillent... Charmant. Juste avant le départ, un policier monte expliquer aux passagers qu'ils ont le droit de dénoncer les dérives de la compagnie de bus : passagers sans sièges debouts dans le couloir, chauffeur qui boit, refus d'arrêt si quelqu'un est malade... Ça promet ! Tout va bien jusqu'à minuit, moment où le bus s'arrête. Le chauffeur coupe le moteur, et des bruits de vissage se font entendre sous la carrosserie.y On repart, on s'arrête... 4 ou 5 fois, jusqu'à 2h du matin où on ne repartira pas avant 5h. Plus de batterie, et le problème semble venir de la boîte de vitesse qui ne dirige plus les roues. La chaleur dans le bus est insupportable, on essaye de dormir comme on peut. Les boliviens n'en font pas trop cas, malgré les heures de retard et la non-information des chauffeurs. Seulement quelques « vamos ! » montent de temps en temps... On est franchement plus râleurs chez nous ! Ici, c'est plutôt le fatalisme qui règne. C'est le lendemain qu'on arrive à Santa Cruz, vers 11h, déphasés et accablés par la chaleur. Il nous faut déjà racheter un ticket de bus pour le Paraguay, bus qui ne part qu'à 19h... Attendre, ou comment ne pas s'endormir sur son banc. 22 heures de bus plus tard, une rencontre étrange avec une famille de mennonites (communauté religieuse installée au Paraguay) et une traversée express du pays, nous traversons la frontière argentine la nuit du 9... Nous revoilà en Argentine !