Durant notre nuit en bus pour Tucumán, un énorme orage éclate, assez loin pour ne pas gêner la progression du bus, mais assez proche pour qu'on puisse admirer les énormes éclairs qui illuminent la plaine... Amazing ! Le matin du 21, nous voilà arrivés à Tucumán, petite ville sans grand intérêt mais point de départ de notre road trip de quelques jours vers le nord. Premier arrêt : achat d'une pastèque. Et c'est parti ! Le route 307 nous embarque à travers des collines verdoyantes, puis on traverse notre première quebrada (gorge étroite), la quebrada de los Sosa, impressionnante par sa végétation foisonnante. Après quelques heures de route, nous arrivons à Tafi del Valle, village connu pour ses gauchos irréductibles. Il fait très chaud, et après avoir vu quelques lamas (une grande découverte pour Manu) et une estancia, on se gare dans un champ en dehors de la ville pour faire une sieste.

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On tente un changement de conducteur : je prends le volant et... me trompe de vitesses, au secours ! Au tour de Caro... elle confond l'embrayage et le frein... Mémorable ! Manu est vite de retour derrière le volant, pour notre plus grand soulagement (à tous les trois...). Le soir, c'est la fête au village. Après d'interminables discours vantant la gratuité du spectacle, et après l'achat de deux chapeaux de cow-boys, ça commence enfin. Le menton haut, un port de roi, le regard ténébreux, l'attirail complet... Les gauchos défilent fièrement sur leurs chevaux, souvent très nerveux, leur faisant faire des pas chassés et des petits sauts, pour le plus grand bonheur du public ! Sur la cinquantaine de cavaliers, il y avait peut-être deux ou trois femmes seulement. Un milieu très masculin donc, et ça se sent. Dommage, peu après le défilé, une grosse pluie orageuse s'abat sur nous. On résiste plus d'une heure, sous nos capes de pluie et nos chapeaux. Vers une heure du matin, la fête est annulée. On aura au moins pu ressentir l'esprit « gaucho » qui fait la fierté des Argentins  ! Le soir, pour économiser sur l'hébergement, on dort dans la voiture, pas très loin du centre-ville.

Le 22 janvier

Le lendemain matin, après une merveilleuse nuit, on reprend la route, cette fois, sur la route 40 (qui traverse toute l'Argentine) ! Les premières collines sont couvertes de petites fleurs jaunes... et de chèvres ! Alors qu'on s'arrête voir des moutons (qui s'enfuient à peine la voiture arrêtée), un groupe de biquettes se précipite vers nous et nous agresse. Une grimpe sur le capot, trois sont autour de la voiture et une cinquième carrément sur le siège avant... J'avais laissé un petit gâteau enveloppé dans une serviette en papier, le voilà englouti (et le papier avec !) en moins de deux. C'est Caro qui sort la biquette récalcitrante par les cornes. Elle ne nous en voudra pas beaucoup et on songe même à l'emmener avec nous... Mais bon, dormir à quatre dans la voiture, pas possible !

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L'après-midi, nous nous arrêtons pour aller visiter les ruines de Quilmes. Ces ruines, construites en forteresse par les indiens Quilmes, vers l'an 1000, témoignent de leur passage. Après avoir résisté plus de 130 ans aux Espagnols, ils furent déportés à Buenos Aires pour construire la ville. Le site ne vaut pas le Machu bien sûr, mais il est assez beau, avec sa terre rouge et ses cactus géants.

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On reprend la route dans l'après-midi pour aller jusqu'à Molinos. Surprise ! La route devient piste, et on s'enfonce vers des paysages absolument magnifiques ! On avait vu l'Argentine touristique (mais aussi très belle) au Sud, on a pu la découvrir sauvage et imprévisible. Un sentiment de liberté nous gagne, et au milieu des hautes montagnes rouges, on aura la chance de voir des cactus géants, des ânes, des perroquets, des renards... On s'extasie à chaque virage.

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En chemin, on s'arrête dans un village acheter du vin à un petit producteur. Nous voilà donc chacun assis sur une chaise en plastoc à goûter un vin rouge (doux) et un vin blanc. Caro et Manu commencent, moi, je n'y connais absolument rien... Mais mon tour arrive vite : je commence par le vin rouge « doux »... C'est entre le jus de raisin et un liquide très très amer... Dégoûtant ! Je passe ensuite au vin blanc (que je suis supposée préférer), immonde ! Entre l'alcool à 90 degrés et du vinaigre. Au moment où je tente d'avaler ma gorgée, avec un œil fermé et le menton qui tremble (imaginez le tableau), et les deux autres qui me regardent en pouffant, le producteur rentre dans la pièce et évidemment, me lance un drôle de regard... On réprime difficilement un fou rire et il finit par nous faire goûter le moins dégoûtant des trois, le vin rouge « sec » (comme il dit). Imbuvable aussi, de la vraie piquette ! On achète quand même une bouteille, il nous la vend à 25 pesos (pour comparer, c'est le prix d'une bouteille pas trop mal à Ushuaia). Je lui en donnerais deux pesos moi ! Le soir, la nuit tombe vite, on s'arrête dans un petit canyon. Au fur et à mesure que la lumière baisse, les étoiles apparaissent, nous avons un ciel pur pour nous, avec un silence...

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Jusqu'au moment où dans le noir complet on entend un animal venir vers nous... Haaaaaaaaaaaaaaa ! Impossible de discerner quoique que ce soit, on se précipite dans la voiture... Devinez qui sera le plus rapide ? Manu himself !

Le 23 janvier

Réveil au milieu des montagnes. Notre tranquillité est vite troublée par un groupe de touristes à pied sortis de nulle part. Mission numéro un du jour : trouver un endroit où se laver ! Après 3 jours sans douche, ça commence à faire long ! Miracle, au bout de quelques kilomètres seulement on atteint Molinos, petit village perdu en plein désert. On déniche le camping municipal, où on peut enfin se laver, youhou ! Après un repas rapide et la visite de l'église du village, on repart jusqu'à Cachi, où on arrive en milieu d'après-midi.

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On se pose, mais Manu se rend compte qu'il a oublié son chargeur d'appareil photo à Molinos. Retour en arrière, il fonce sur la piste et là... BAM ! Un caillou a fait peur à Caro , qui a les cheveux dressés sur la tête ! Manu s'amuse à nous donner des sensations type « manège-de-fête-foraine » à chaque bosse et virage. Faut bien les occuper en voiture les enfants ! Le soir, en plein nuages, on passe un col à 3348 mètres. Le ciel est encore plus scintillant qu'hier et la falaise plus haute...

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Les 24 et 25 janvier

Dernier jour en voiture. Aujourd'hui nous traversons la quebrada de las Conchas, très réputée pour ses paysages fantastiques taillés dans la pierre. Alors que nous étions tranquilles depuis plusieurs jours, cette partie de la route est remplie de touristes. Sur la route, on verra des immenses failles dans la roche, hautes à vous donner le tournis, des nids de perroquets dans les falaises, des roches en forme d'animaux...

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Ensuite, il nous reste pas mal de route à faire pour rejoindre Tucumán, où doit rendre la voiture. On y arrive le soir, tard, et on se pose sur un parking. La lumière des lampadaires en plein visage, la musique du kéké d'en face dans les oreilles et le vent chaud à travers les fenêtres entrouvertes, on tente de dormir. Le lendemain matin, on rend la voiture sans accrocs et on prend le bus pour La Rioja. Un petit road trip qui nous a tous conquis (sauf qu'il faudrait installer un bidon sur le toit de la voiture pour pouvoir se laver !). On the road again...