J'adooooooore l'Argentine ! Ce pays me faisait rêver depuis que je suis tombée en adoration devant l’icône du Che à l'âge de 16-17 ans, comme beaucoup de nénettes de cet âge. « Oui, mais c'était surtout un meurtrier psychopathe qui fumait son cigare tranquillement alors que ses ennemis se faisaient assassiner froidement sous ses ordres », me rétorquait-on parfois... Oui, oui bla bla... Toujours est-il, qu'à l'époque, il était pour moi un espèce de demi-dieu, qui avait foi en l'homme et qui était prêt à se sacrifier pour changer le Monde. Enfin, Cuba n'est pas le Monde... Dieu merci... Tout ça pour dire que je suis restée très marquée par son histoire et que je suis aujourd'hui un peu moins fascinée par le personnage, mais ma curiosité s'est transformée en profonde envie de découvrir son pays : l'Argentine (et Cuba, bien sûr, mais ça, ça sera pour une autre fois !). Me voilà donc, à portée de mon rêve ! Et c'est par Ushuaïa que nous commençons. Un début plutôt mythique ! Le nom de la ville la plus australe du monde est bien connue de tous. A savoir, quand même, la ville la plus australe du monde serait en réalité Puerto Williams, au Chili. Enfin, pour nous, peu importe, on est heureuses d'être là, d'autant plus que c'est ici que nous allons fêter Noël et que nous allons retrouver Manu le copain d'Anso !

Après ce magnifique intermède historique de Caro, je prends la plume pour vous raconter notre petite vie d'une semaine à Ushuaïa, en cette période de Noël. Manu est donc arrivé le 22, et après 10 mois chacun de notre côté du monde, nous sommes très heureux de nous retrouver ! A deux jours de Noël, on a juste envie de préparer un super repas ! Évidemment pas de foie gras ou d'huîtres pour nous cette année (et oui, pourtant Ushuaïa bordée d'eau n'offre pas beaucoup de fruits de mer...) mais du saumon fumé (ouf !), du fromage et de la charcuterie, de la bonne viande et un gâteau au chocolat (trop cuit, grâce à nos talents de cuistots). Nous nous sommes donc préparés un repas de fête dans un petit B&B, et après tout ça, l'ouverture des cadeaux au milieu de la nuit, et j'ai enfin pu savoir ce que contenaient les 3 kilos de cadeaux que mes parents m'avaient laissés depuis le Chili ! C'est moi k'ait eu les plus bô cadô, na na nère !

Pour les derniers jours, nous sommes partis à la découverte de la Terre de Feu. Le 26 décembre, direction le parc national Tierra del Fuego, le seul parc argentin ayant une côte marine... Côte absolument magnifique ! Nous pensions marcher environ trois heures, pour atteindre la Bahia Lapataya, de l'autre côté du parc. Finalement, on en aura pour plus de 6 heures, et même si nos pieds ont un peu souffert, les sentiers tortueux, les petites criques sauvages et les arbres mangés par les champignons nous ont enchantés. Quelques photos de cet endroit préservé :

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Le lendemain, nous partons naviguer sur le Canal Beagle ! Une petite demie-heure de bateau, et nous voilà près du phare mythique des éclaireurs, entouré d'une lumière à couper le souffle, propre à cette partie du monde :

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Après avoir observé des lions de mer et des cormorans, nous avons débarqué sur une petite île. La vue est impressionnante, et c'est vraiment là qu'on se rend compte qu'on est (presque) au bout du monde : à gauche, Ushuaïa se découvre au loin, petite ville posée en bas des montagnes enneigées, en face, le canal de Beagle et une eau miroitante qui n'en finit pas, à droite, la cordillère des Andes du côté chilien. Un des endroits les plus impressionnants que nous ayons eu la chance de découvrir !


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Cette petite île, comme beaucoup d'autres sur le canal, possède de nombreuses plantes typiques de la Terre de feu comme l'arbuste El Calafate. Le guide nous explique ensuite qu'il n'y a pas si longtemps, jusque dans les années 1830, date de la découverte du canal par un anglais et donc l'arrivée des hommes blancs, vivaient les indiens Yamanas. Il s'agit d'une des plus grandes tribus indiennes de la Terre de Feu, dont il ne reste aujourd'hui une seule véritable descendante, qui vit actuellement au Chili. Les Yamanas étaient nomades, et se déplaçaient d'îles en îles, sur des petites barques qu'ils fabriquaient. Pour se nourrir, ils chassaient le lion de mer, qui leur fournissait beaucoup de calories, ainsi que de la graisse, qu'ils étalaient sur leurs corps, pour se protéger du froid. Le plus impressionnant est de savoir qu'ils vivaient... nus ! Les Yamanas, chassant sur l'eau étaient finalement constamment mouillés, et plutôt que de se couvrir et devoir sécher leurs habits, ils restaient nus, mais pour ne pas succomber au froid, devaient toujours avoir un feu allumé à côté d'eux. Même dans leurs barques, posé sur un lit de sable, un feu les accompagnait. Plutôt malin... Lorsque la mer était trop mauvaise, ce qui arrivait souvent, les Yamanas étaient obligés de se réfugier sur les îles et construisaient des petites cabanes dans des creux. Ne pouvant pas aller chasser, ils se nourrissaient de moules, dont ils jetaient les coquilles sur le sol, toujours au même endroit. Ces milliers de coquilles se voient toujours aujourd'hui, et nous avons donc mis le pied là où ces indiens habitaient et mangeait autrefois ! Comme dans toutes les invasions, les indiens n'ont pas résisté aux maladies et aux coutumes apportées par l'homme blanc. La découverte du Canal de Beagle sonnait donc la fin de ce peuple...

Le 28 décembre, très tôt le matin, nous partons pour El Calafate, où nos copines Marie et Steph nous rejoindront pour la fin d'année. A 4h du matin, le jour se lève et la baie d'Ushuaia se colore. L'occasion d'observer une dernière fois cette lumière intense... Un dernier petit coup de vent, et nous quittons cette ville du bout du monde, pour découvrir d'autres coins de la patagonie argentine !

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