Le Nord argentin et la mythique route 40
Durant notre nuit en bus pour Tucumán, un énorme orage éclate, assez loin pour ne pas gêner la progression du bus, mais assez proche pour qu'on puisse admirer les énormes éclairs qui illuminent la plaine... Amazing ! Le matin du 21, nous voilà arrivés à Tucumán, petite ville sans grand intérêt mais point de départ de notre road trip de quelques jours vers le nord. Premier arrêt : achat d'une pastèque. Et c'est parti ! Le route 307 nous embarque à travers des collines verdoyantes, puis on traverse notre première quebrada (gorge étroite), la quebrada de los Sosa, impressionnante par sa végétation foisonnante. Après quelques heures de route, nous arrivons à Tafi del Valle, village connu pour ses gauchos irréductibles. Il fait très chaud, et après avoir vu quelques lamas (une grande découverte pour Manu) et une estancia, on se gare dans un champ en dehors de la ville pour faire une sieste.
On tente un changement de conducteur : je prends le volant et... me trompe de vitesses, au secours ! Au tour de Caro... elle confond l'embrayage et le frein... Mémorable ! Manu est vite de retour derrière le volant, pour notre plus grand soulagement (à tous les trois...). Le soir, c'est la fête au village. Après d'interminables discours vantant la gratuité du spectacle, et après l'achat de deux chapeaux de cow-boys, ça commence enfin. Le menton haut, un port de roi, le regard ténébreux, l'attirail complet... Les gauchos défilent fièrement sur leurs chevaux, souvent très nerveux, leur faisant faire des pas chassés et des petits sauts, pour le plus grand bonheur du public ! Sur la cinquantaine de cavaliers, il y avait peut-être deux ou trois femmes seulement. Un milieu très masculin donc, et ça se sent. Dommage, peu après le défilé, une grosse pluie orageuse s'abat sur nous. On résiste plus d'une heure, sous nos capes de pluie et nos chapeaux. Vers une heure du matin, la fête est annulée. On aura au moins pu ressentir l'esprit « gaucho » qui fait la fierté des Argentins ! Le soir, pour économiser sur l'hébergement, on dort dans la voiture, pas très loin du centre-ville.
Le 22 janvier
Le lendemain matin, après une merveilleuse nuit, on reprend la route, cette fois, sur la route 40 (qui traverse toute l'Argentine) ! Les premières collines sont couvertes de petites fleurs jaunes... et de chèvres ! Alors qu'on s'arrête voir des moutons (qui s'enfuient à peine la voiture arrêtée), un groupe de biquettes se précipite vers nous et nous agresse. Une grimpe sur le capot, trois sont autour de la voiture et une cinquième carrément sur le siège avant... J'avais laissé un petit gâteau enveloppé dans une serviette en papier, le voilà englouti (et le papier avec !) en moins de deux. C'est Caro qui sort la biquette récalcitrante par les cornes. Elle ne nous en voudra pas beaucoup et on songe même à l'emmener avec nous... Mais bon, dormir à quatre dans la voiture, pas possible !
L'après-midi, nous nous arrêtons pour aller visiter les ruines de Quilmes. Ces ruines, construites en forteresse par les indiens Quilmes, vers l'an 1000, témoignent de leur passage. Après avoir résisté plus de 130 ans aux Espagnols, ils furent déportés à Buenos Aires pour construire la ville. Le site ne vaut pas le Machu bien sûr, mais il est assez beau, avec sa terre rouge et ses cactus géants.
On reprend la route dans l'après-midi pour aller jusqu'à Molinos. Surprise ! La route devient piste, et on s'enfonce vers des paysages absolument magnifiques ! On avait vu l'Argentine touristique (mais aussi très belle) au Sud, on a pu la découvrir sauvage et imprévisible. Un sentiment de liberté nous gagne, et au milieu des hautes montagnes rouges, on aura la chance de voir des cactus géants, des ânes, des perroquets, des renards... On s'extasie à chaque virage.
En chemin, on s'arrête dans un village acheter du vin à un petit producteur. Nous voilà donc chacun assis sur une chaise en plastoc à goûter un vin rouge (doux) et un vin blanc. Caro et Manu commencent, moi, je n'y connais absolument rien... Mais mon tour arrive vite : je commence par le vin rouge « doux »... C'est entre le jus de raisin et un liquide très très amer... Dégoûtant ! Je passe ensuite au vin blanc (que je suis supposée préférer), immonde ! Entre l'alcool à 90 degrés et du vinaigre. Au moment où je tente d'avaler ma gorgée, avec un œil fermé et le menton qui tremble (imaginez le tableau), et les deux autres qui me regardent en pouffant, le producteur rentre dans la pièce et évidemment, me lance un drôle de regard... On réprime difficilement un fou rire et il finit par nous faire goûter le moins dégoûtant des trois, le vin rouge « sec » (comme il dit). Imbuvable aussi, de la vraie piquette ! On achète quand même une bouteille, il nous la vend à 25 pesos (pour comparer, c'est le prix d'une bouteille pas trop mal à Ushuaia). Je lui en donnerais deux pesos moi ! Le soir, la nuit tombe vite, on s'arrête dans un petit canyon. Au fur et à mesure que la lumière baisse, les étoiles apparaissent, nous avons un ciel pur pour nous, avec un silence...
Jusqu'au moment où dans le noir complet on entend un animal venir vers nous... Haaaaaaaaaaaaaaa ! Impossible de discerner quoique que ce soit, on se précipite dans la voiture... Devinez qui sera le plus rapide ? Manu himself !
Le 23 janvier
Réveil au milieu des montagnes. Notre tranquillité est vite troublée par un groupe de touristes à pied sortis de nulle part. Mission numéro un du jour : trouver un endroit où se laver ! Après 3 jours sans douche, ça commence à faire long ! Miracle, au bout de quelques kilomètres seulement on atteint Molinos, petit village perdu en plein désert. On déniche le camping municipal, où on peut enfin se laver, youhou ! Après un repas rapide et la visite de l'église du village, on repart jusqu'à Cachi, où on arrive en milieu d'après-midi.
On se pose, mais Manu se rend compte qu'il a oublié son chargeur d'appareil photo à Molinos. Retour en arrière, il fonce sur la piste et là... BAM ! Un caillou a fait peur à Caro , qui a les cheveux dressés sur la tête ! Manu s'amuse à nous donner des sensations type « manège-de-fête-foraine » à chaque bosse et virage. Faut bien les occuper en voiture les enfants ! Le soir, en plein nuages, on passe un col à 3348 mètres. Le ciel est encore plus scintillant qu'hier et la falaise plus haute...
Les 24 et 25 janvier
Dernier jour en voiture. Aujourd'hui nous traversons la quebrada de las Conchas, très réputée pour ses paysages fantastiques taillés dans la pierre. Alors que nous étions tranquilles depuis plusieurs jours, cette partie de la route est remplie de touristes. Sur la route, on verra des immenses failles dans la roche, hautes à vous donner le tournis, des nids de perroquets dans les falaises, des roches en forme d'animaux...
Ensuite, il nous reste pas mal de route à faire pour rejoindre Tucumán, où doit rendre la voiture. On y arrive le soir, tard, et on se pose sur un parking. La lumière des lampadaires en plein visage, la musique du kéké d'en face dans les oreilles et le vent chaud à travers les fenêtres entrouvertes, on tente de dormir. Le lendemain matin, on rend la voiture sans accrocs et on prend le bus pour La Rioja. Un petit road trip qui nous a tous conquis (sauf qu'il faudrait installer un bidon sur le toit de la voiture pour pouvoir se laver !). On the road again...
Córdoba - Du 18 au 20 janvier
Ça commence très fort, ici ! Pour l'hébergement, on choisit de se replonger dans les joies du couchsurfing histoire de ne pas payer d'hôtel et de rencontrer un échantillon de populace locale. L'avantage, c'est qu'avec ce système, on a toujours des histoires originales à raconter ! Et ça n'a pas loupé... Notre hôte, Zack a décroché la palme en matière d'original... On prend un taxi pour arriver chez lui. Arrivés à l'adresse indiqué, on se retrouve devant une petite bicoque un poil délabrée... La tête d'Anso commence à se décomposer... mais on frappe quand même... pas de réponse. Manu pousse la porte... Surprise ! La porte moisie donne sur un affreux squat tout sombre. Par terre, un mec dort torse nu sur un vieux matelas défoncé. A ce moment, on se regarde tous les trois : pas de doute, ce n'est pas la bonne adresse, on doit être dans un repère de junkies... on le regarde comme trois neuneus sans savoir quoi faire, le type se réveille alors et se met à parler anglais. Oups, on réalise que c'est bien lui notre couchsurfeur. Il se lève, titube jusqu'à la pièce immonde qui lui sert de cuisine, nous fait comprendre que le matelas où il dormait sera notre lit... A cet instant, on se rend compte que ça ne sera juste pas possible. Mais bon, on ne va pas entamer les hostilités tout de suite, pour le moment, on se contente d'afficher un sourire crispé et d'éviter de frôler les murs, histoire de ne pas choper de saloperies... En échangeant, quelques mots avec lui, on se rend compte que Zack est un mec plutôt sympa, qui vit d'une façon originale. Pas de quoi en faire un drame, mais pas question non plus de risquer de se choper, encore une fois, des puces ou autres saletés. Après avoir élaboré un stratagème pour lui dire sans le vexer, qu'on ne restera pas chez lui, on file dans le centre pour se trouver un petit hôtel moins pittoresque mais plus « safe » ! Enfin, c'est ce qu'on croyait ! Dès la première nuit, on trouve des punaises de lit dans nos draps... le fléau continue ! Une bonne occasion de réclamer une nuit gratuite.
Mais Córdoba n'est pas seulement la ville qui abrite des drôles de mecs et des parasites en tout genre, c'est aussi la deuxième plus grande ville d'Argentine après Buenos Aires et surtout, c'est là qu'a grandi le Che ! Plus, précisément, à une demi-heure de Córdoba, à Alta Garcia. La maison dans laquelle il a grandi a été transformée en un petit musée en son honneur. Notre génération a été bercée par la légende du Che, pas question de passer à côté. La « casa del Che » retrace son parcours de son enfance à sa mort, en passant par ses glorieux faits d'armes durant la révolution cubaine. Intéressant, mais l'intérêt principal est surtout celui d'exposer des objets originaux qui ont marqué la vie du Che, comme la « Poderosa », la moto avec laquelle il a parcouru l'Amérique du Sud. Puis respirer l'air qu'a respiré le Che, 70 ans avant nous, ça rappelle les vigoureuses années lycée/fac, les manifs étudiantes et tout le toutim. Finalement, pas grand chose à voir avec une Révolution violente... mais le Che est une icône ! Et ce n'est pas demain la veille qu'on le remplacera par Arlette Laguiller ou même Besancenot. Avouez qu'ils sont légèrement moins glamours !
Après notre journée Che, on s'offre une journée balade et musées. On n'a pas été très musée durant notre voyage, mais Córdoba offre des choix plutôt sympas puis nous arrivons juste pour la nuit des musées. Un concept intéressant qui donne un accès gratuit à tous les musées de la ville après 18h. C'est un peu honteux à dire mais, l'autre avantage des musées c'est qu'ils sont climatisés ! Contrairement aux rues muy caliente de la ville !
Enfin, à 23h30, on prend un bus de nuit pour Tucumán où nous louerons une voiture pour nous offrir un road trip à la Thelma, Louise et Michael Knight (le héros de K2000) à travers la mythique route 40 ! On espère une fin moins dramatique que T&L mais aussi rock'n'roll que M.K. !
Bariloche du 7 au 17 janvier
Arrivée à 10h du mat' à Bariloche. On a réservé des sortes de chambre d'hôtes dans un endroit retiré de la ville mais magnifique : en plein milieu d'une forêt, au bord d'un lac tout beau, tout bleu ! Parfait pour passer nos derniers jours avec Marie et Steph, avant leur retour en France. On a donc qu'une envie, profiter à fond ! On décide donc de tester le rafting ! Une excursion d'une journée comprenant le transport, les repas, les arrêts photos, pour deux heures pleines sur l'eau. C'est physique, mais on aurait adoré passer plus de temps à pagayer dans la tourmente ! C'est juste énoooorme ! On s'est vraiment marré, malgré l'atroce combi jaune, noire et rouge que nous portions... ça, plus le casque... des vrais têtes de vainqueurs... non ?
Notre joyeuse bande s'en est donnée à cœur joie, surtout que nous avions un bateau pour nous ! Enfin, le plus gâté d'entre nous, c'était quand même Manu qui a littéralement fait fondre deux señoras argentines d'un certain âge qui étaient dans le même van que nous. Plus moyen de leur échapper ! Manuel par çi, Manuel par là... Enfin, Anso n'a pas à s'en faire... ça s'est sûr ! Côté filles, on n'avait pas à se plaindre non plus, avec un mono craquant comme tout, à la Patrick Swayze dans Point Break !...
Le lendemain, c'est le dernier jour des filles. On se fait une dernière petite promenade dans les environs et surtout, nous passons une folle nuit dans un pub du centre ! Un pub irlandais !... Il y a mieux dans le genre local, mais tant pis ça ne nous empêche pas de faire la fête comme il se doit ! Les filles prennent un bus pour aller à l'aéroport à 9h du matin, on sort du pub vers 7h du mat', parfait comme timing ! On leur fait donc une dernière bise avant de les laisser filer à la gare routière. Les filles sont parties, mais Bariloche, ce n'est pas encore terminé pour Anso, Manu et moi ! On reste encore quelques jours pour profiter du coin avant de partir pour Cordoba.
La côte Est : Puerto Madryn
Après El Chalten, nous passons du côté est de l'Argentine pour rejoindre la ville de Puerto Madryn. Un net changement au niveau température, il fait entre 30° et 35°... pas moyen de faire un geste sans devenir tout moite. 'fait tellement chaud, qu'on peine à obtenir de l'eau froide pour se laver. Des douches brûlantes, sous une chaleur de plomb, ça ramollit sévère !
A partir de Puerto Madryn, on peut visiter la péninsule de Valdès. Celle-ci est réputée pour l'observation des baleines, malheureusement pour nous, ce n'est pas la saison. On se consolera en observant des lions de mer, des éléphants de mer, des manchots, des tatous et autres bestioles.
Le deuxième jour, nous faisons une immersion totale chez les manchots de Magellan (à ne pas confondre avec les pingouins, qu'on trouve exclusivement dans l'hémisphère nord, qui eux, peuvent voler) dans la réserve de Punta Tombo. 2 km2 pour 1 million de manchots, soit un immense espace privilégié pour eux et un régal pour nos yeux ! Des manchots partout : sur la plage, sous les ponts, devant, derrière, sur les côtés, un qui se gratte, deux qui se battent, trois qui dorment, quatre qui courent ! Ça donne juste l'impression d'être dans un Disney !
Après notre super journée pinguinos, nous prenons un bus de nuit pour la ville de Bariloche.
El Chalten - du 3 au 7 janvier
Après El Calafate, notre petite troupe file vers El Chalten, à 3h de bus. Là-bas, un autre petit chalet nous attend... pour 4, cette fois ! Caro trouve vite une solution : elle dormira dans le magnifique hamac que Manu lui a offert à Noël. Nos nuits sur l'Amazone lui manquaient définitivement trop ! El Chalten nous apparaît comme une petite ville en préfabriqués, avec de nouveaux bâtiments construits chaque jour pour accueillir les touristes de plus en plus nombreux. On regrette donc un peu le manque d'âme de ce village à touristes. Mais peu importe, nous sommes là pour découvrir le parc national des glaciers, qui offre de belles balades. Pour notre première journée, nous partons vers la laguna Capri, un magnifique lac au pied du mont Fitz Roy. Après trois heures de marche, nous arrivons au lac, et on reste un bon moment près de l'eau à profiter de la vue et du soleil. Le deuxième jour, on choisit une balade moins pentue mais plus longue, à travers des plaines immenses et des collines sèches. En rentrant, on croise pas mal de randonneurs et un monsieur répond « olé » à Manu, au lieu du traditionnel « Hola », ce qui fait tous rire ! Et c'est parti pour deux heures de « olé » à chaque fois qu'on croise quelqu'un... Après ces quelques jours à l'air pur, nous voilà repartis pour la côte Est, de l'autre côté du pays !
El Calafate. Du 29 au 3 janvier 2012 !
Nous arrivons le 29 à El Calafate, et nous choisissons le super plan du routard : une petite auberge de jeunesse proposant des lits en dortoir à des prix plutôt bas pour cette ville très touristique. Une nuit, deux nuits... Me voilà couverte de boutons d'insectes... des punaises de lit ! Le premier jour, je me dis que ça va passer, ils sont encore plutôt petits. C'était sans compter les démangeaisons atroces qui commencent, mais je reste assez zen. Le 30, Marie et Steph débarquent (youpiiiiiii)... (photo des tortues ninjas. Qui a le sac le plus classe ?)
... et nous avons réservé une cabaña (sorte de petit chalet) pour tous les cinq. Changement d'hôtel donc. Nous arrivons tôt le matin et la cabaña n'est pas encore prête, nous attendons à la réception, et on se fait des copains : Papi et Mamie du sud de la France, tout contents de parler aux d'jeuns. Tout en conversant aimablement, j'essaye de cacher mes boutons dans le cou mais l’œil avisé de la patronne les repère, et lorsqu'elle se plante devant moi et qu'elle me dit « De que hostal viene ? » « Que es esto ? », je ne fais pas la maligne. Et c'est là que Papi et Mamie, heureux de cet intermède « pustule » racontent à qui veut l'entendre qu'ils ont rencontré un gars qui avait eu des œufs de mouche sous la peau, qu'il avait été obligé de se faire opérer etc, etc. Je leur rappelle qu'on parle de punaises de lit, et là, Mamie pour se montrer solidaire, soulève son pantalon jusqu'à la cuisse (beau spectacle que nous avons apprécié) pour nous montrer le seul bouton qu'elle avait : « Moi aussi j'ai été piquée, moi aussi ! ». Oui, finalement, on va aller faire désintégrer les punaises, parce que bon, le strip-tease de Mamie... Nous voilà donc à la rue pendant quatre heures, en tongs et en tee-shirt, pendant qu'un gars vient désinfecter tout ça. Bonne nouvelle : nous n'aurons plus de nouveaux boutons, nous avons vaincu les punaises, et on peut enfin faire la fête ! Pour fêter le passage en 2012, nous avons donc une petite maison rien que pour nous et plein de bars sympas (et de beaux argentins) à découvrir. On en profite pour souhaiter une bonne année à tous nos fidèles lecteurs !
Le 2 janvier, nous sommes allés voir une des merveilles du monde : le glacier Perito Moreno.
Immense coulée de glace de 30 kilomètres de large et avec une superficie de 250 km2 (l'équivalent d'une ville comme Buenos Aires pour donner un ordre d'idée...), le Perito Moreno est l'un des seuls glaciers au monde qui n'est pas en régression, et même, a gagné de l'espace, quasiment trois mètres par jour ! Le glacier est également très connu pour ses fameuses « rupturas », ruptures en français, souvent très spectaculaires. Ces ruptures sont provoquées par la glace qui bloque l'écoulement de la rivière, ce qui forme peu à peu un vrai barrage. L'eau s'accumule, la pression s'accentue et finit par briser la glace ! Première rencontre avec ce géant bleu : petite balade en bateau ! La hauteur de ces pics de glace est impressionnante (près de 70 mètres), savoir qu'il y a 100 mètres sous l'eau l'est encore plus ! Après ce tour sur l'eau, nous sommes restés observer le glacier un long moment, sur des passerelles proches de la glace. Pendant deux heures nous avons observé les nuances de bleu, pensé à une immense meringue en regardant les pics de glace, écouté les craquements du glacier et prié pour qu'une partie se détache ! Notre patience a payé, nous avons vu plusieurs morceaux se détacher et tomber dans l'eau avec un bruit impressionnant ! Des moments qui nous ont donné la chair de poule. Le glacier en images :
Ushuaïa ! Du 20 au 28 décembre
J'adooooooore l'Argentine ! Ce pays me faisait rêver depuis que je suis tombée en adoration devant l’icône du Che à l'âge de 16-17 ans, comme beaucoup de nénettes de cet âge. « Oui, mais c'était surtout un meurtrier psychopathe qui fumait son cigare tranquillement alors que ses ennemis se faisaient assassiner froidement sous ses ordres », me rétorquait-on parfois... Oui, oui bla bla... Toujours est-il, qu'à l'époque, il était pour moi un espèce de demi-dieu, qui avait foi en l'homme et qui était prêt à se sacrifier pour changer le Monde. Enfin, Cuba n'est pas le Monde... Dieu merci... Tout ça pour dire que je suis restée très marquée par son histoire et que je suis aujourd'hui un peu moins fascinée par le personnage, mais ma curiosité s'est transformée en profonde envie de découvrir son pays : l'Argentine (et Cuba, bien sûr, mais ça, ça sera pour une autre fois !). Me voilà donc, à portée de mon rêve ! Et c'est par Ushuaïa que nous commençons. Un début plutôt mythique ! Le nom de la ville la plus australe du monde est bien connue de tous. A savoir, quand même, la ville la plus australe du monde serait en réalité Puerto Williams, au Chili. Enfin, pour nous, peu importe, on est heureuses d'être là, d'autant plus que c'est ici que nous allons fêter Noël et que nous allons retrouver Manu le copain d'Anso !
Après ce magnifique intermède historique de Caro, je prends la plume pour vous raconter notre petite vie d'une semaine à Ushuaïa, en cette période de Noël. Manu est donc arrivé le 22, et après 10 mois chacun de notre côté du monde, nous sommes très heureux de nous retrouver ! A deux jours de Noël, on a juste envie de préparer un super repas ! Évidemment pas de foie gras ou d'huîtres pour nous cette année (et oui, pourtant Ushuaïa bordée d'eau n'offre pas beaucoup de fruits de mer...) mais du saumon fumé (ouf !), du fromage et de la charcuterie, de la bonne viande et un gâteau au chocolat (trop cuit, grâce à nos talents de cuistots). Nous nous sommes donc préparés un repas de fête dans un petit B&B, et après tout ça, l'ouverture des cadeaux au milieu de la nuit, et j'ai enfin pu savoir ce que contenaient les 3 kilos de cadeaux que mes parents m'avaient laissés depuis le Chili ! C'est moi k'ait eu les plus bô cadô, na na nère !
Pour les derniers jours, nous sommes partis à la découverte de la Terre de Feu. Le 26 décembre, direction le parc national Tierra del Fuego, le seul parc argentin ayant une côte marine... Côte absolument magnifique ! Nous pensions marcher environ trois heures, pour atteindre la Bahia Lapataya, de l'autre côté du parc. Finalement, on en aura pour plus de 6 heures, et même si nos pieds ont un peu souffert, les sentiers tortueux, les petites criques sauvages et les arbres mangés par les champignons nous ont enchantés. Quelques photos de cet endroit préservé :
Le lendemain, nous partons naviguer sur le Canal Beagle ! Une petite demie-heure de bateau, et nous voilà près du phare mythique des éclaireurs, entouré d'une lumière à couper le souffle, propre à cette partie du monde :
Après avoir observé des lions de mer et des cormorans, nous avons débarqué sur une petite île. La vue est impressionnante, et c'est vraiment là qu'on se rend compte qu'on est (presque) au bout du monde : à gauche, Ushuaïa se découvre au loin, petite ville posée en bas des montagnes enneigées, en face, le canal de Beagle et une eau miroitante qui n'en finit pas, à droite, la cordillère des Andes du côté chilien. Un des endroits les plus impressionnants que nous ayons eu la chance de découvrir !
Cette petite île, comme beaucoup d'autres sur le canal, possède de nombreuses plantes typiques de la Terre de feu comme l'arbuste El Calafate. Le guide nous explique ensuite qu'il n'y a pas si longtemps, jusque dans les années 1830, date de la découverte du canal par un anglais et donc l'arrivée des hommes blancs, vivaient les indiens Yamanas. Il s'agit d'une des plus grandes tribus indiennes de la Terre de Feu, dont il ne reste aujourd'hui une seule véritable descendante, qui vit actuellement au Chili. Les Yamanas étaient nomades, et se déplaçaient d'îles en îles, sur des petites barques qu'ils fabriquaient. Pour se nourrir, ils chassaient le lion de mer, qui leur fournissait beaucoup de calories, ainsi que de la graisse, qu'ils étalaient sur leurs corps, pour se protéger du froid. Le plus impressionnant est de savoir qu'ils vivaient... nus ! Les Yamanas, chassant sur l'eau étaient finalement constamment mouillés, et plutôt que de se couvrir et devoir sécher leurs habits, ils restaient nus, mais pour ne pas succomber au froid, devaient toujours avoir un feu allumé à côté d'eux. Même dans leurs barques, posé sur un lit de sable, un feu les accompagnait. Plutôt malin... Lorsque la mer était trop mauvaise, ce qui arrivait souvent, les Yamanas étaient obligés de se réfugier sur les îles et construisaient des petites cabanes dans des creux. Ne pouvant pas aller chasser, ils se nourrissaient de moules, dont ils jetaient les coquilles sur le sol, toujours au même endroit. Ces milliers de coquilles se voient toujours aujourd'hui, et nous avons donc mis le pied là où ces indiens habitaient et mangeait autrefois ! Comme dans toutes les invasions, les indiens n'ont pas résisté aux maladies et aux coutumes apportées par l'homme blanc. La découverte du Canal de Beagle sonnait donc la fin de ce peuple...
Le 28 décembre, très tôt le matin, nous partons pour El Calafate, où nos copines Marie et Steph nous rejoindront pour la fin d'année. A 4h du matin, le jour se lève et la baie d'Ushuaia se colore. L'occasion d'observer une dernière fois cette lumière intense... Un dernier petit coup de vent, et nous quittons cette ville du bout du monde, pour découvrir d'autres coins de la patagonie argentine !
Punta Arenas du 14 au 20 décembre
Punta Arenas sera la dernière ville que nous visiterons au Chili. Après la vie rude à la ferme, on trouve un gentil couchsurfeur pour nous prêter un bout de canapé ! Chez lui il y a du chauffage et de l'eau chaude ! Une vraie révolution après nos trois semaines d'ascétisme. Nous retrouvons donc un peu de confort et surtout Internet, qui nous est indispensable pour préparer notre arrivée prochaine sur Ushuaïa. À Punta Arenas, on se rapproche des régions australes et ça se sent ! Non seulement il y a un vent glacial mais il y a plusieurs réserves de pingouins ! On prendra bien sûr le temps d'en visiter une, celle de Seno Otway. Un joyeux moment au milieu des pinguinos de Magellan, très drôles à observer. Et enfin, le 20 nous prenons le bus pour Ushuaïa !
Trois semaines à la ferme - Suite
Une petite bicoque sans confort c'est pas la mort sauf quand on doit la partager avec deux grands dadets de 21 piges. Laura Hingalls avait Nelly Olson pour la torturer, nous, dans notre petite maison dans la prairie, on a deux géants américains pour nous bouffer notre espace ! Quand on nous a confié des travaux de peintures dans une petite maison en bois pas loin de la nôtre, on était ravies : l'occasion d'être un peu peinardes. On a donc enfilé de magnifiques bleus de travail à faire pâlir d'envie Valérie Damidot, et on s'est collées à la tâche comme on a pu. De grands moments artistiques ! L'avantage, c'est que si on ne trouve pas de taf dans l'édition à notre retour en France on pourra toujours postuler pour un poste de peintre en bâtiment... Et ce ne sont pas les seules compétences qu'on a acquises durant ces quelques semaines à la ferme ! Désormais, on peut devenir jardinières, bûcheronnes, fermières et j'en passe...
Autres réjouissances durant cette dernière semaine : on a trouvé trois petits chatons tout mignons qu'on a dû chopper pour les amener à un voisin, on a assisté à une petite célébration de fin d'année à l'école de John, Maca et Katie, durant laquelle ils ont été diplômés, on a coursé un cochon qui s'est échappé, on a été invitées à manger dans la famille de Don Vincente, on a passé plusieurs jours à transporter du bois dans une brouette... Que du bonheur ! Heureusement, pour ne pas oublier les citadines qui sont en nous, nous nous sommes échappées le temps d'une journée pour aller faire un tour en ville à Puerto Montt, histoire de voir des gens plutôt que des vaches... L'occasion d'acheter nos tickets de bus pour Punto Arenas, à 30h de bus d'ici ! Pfiou, ça va pas être de la tarte mais la bonne nouvelle c'est que c'est notre dernière étape avant Ushuaïa où Manu, le copain d'Anso, nous rejoint !
Trois semaines à la ferme ! (Part One)
Après une dizaine d'heures de bus, nous voici arrivées à Puerto Montt, ville portuaire de la dixième région. Nous allons passer trois semaines en Wwoofing, à travailler dans une ferme à une heure de la ville, en échange d'un toit et des repas. Les Chignons à la ferme, c'est parti ! Après deux donuts dans le ventre et avoir failli acheter un calendrier de femmes en maillot de bain proposé par un gentil (et très perspicace) monsieur à la gare routière, nous voici dans le bon bus. Le chauffeur nous arrête pas loin de « la granga de los gringos » et après quelques minutes à pied sur une piste, nous découvrons la ferme et la famille qui nous accueille. Bon, avant les gens, ce qui nous a frappé... c'est la maison en elle-même. Pour ceux qui ont déjà regardé l'émission « C'est du propre » sur M6... Sans même exagérer ! Partout, dans toutes les pièces, des habits, des restes de nourriture, poussière, crasse, livres, vaisselle sale, presque impossible de faire un pas sans marcher sur quelque chose. Welcome ! On a vraiment fait dans le local : les fermiers installés ici sont des américains ! Lisa et Scott et leurs trois enfants : Maka et John (deux enfants chiliens adoptés) et Katy, la dernière. A défaut de travailler notre espagnol, on va essayer de se remettre à l'anglais et la transition n'est pas facile. On mélange les deux langues mais au bout de quelques heures tout va mieux. Après notre premier repas, Lisa nous emmène dans « notre » maison, située un peu plus haut dans les collines, près des champs et des vaches. La maison en question est une grande baraque en bois, très peu meublée et au confort spartiate : une seule ampoule dans la grande pièce principale, pas d'eau courante et pas d'eau potable, une vieille cuisinière pour chauffer tout ça et du porridge pour le petit-dèj. Miam ! Je ne trouve ça pas mauvais avec du miel et un peu de cannelle, Caro, elle, déteste ça, heureusement qu'il nous reste quelques provisions ! La première nuit est très froide, et même avec nos sacs de couchage, nos deux couvertures et nos habits sur nous, on grelotte toute la nuit.
Le matin, une petite douche ? Raté. Évidemment pas d'eau, il faut aller en chercher dans le tonneau en face de la maison. Après avoir marché dans deux bouses de vache, glissé dans l'herbe mouillée, pas réveillée, m'être cassée le dos pour soulever le seau, avoir renversé la moitié sur moi, j'arrive enfin à le poser dans la maison. Ouf. Maintenant, il faut faire chauffer de l'eau et mettre tout ça dans des petits bidons en plastique, qui bien, sûr, fondent au contact de l'eau bouillante... Pas assez d'eau pour me rincer, je ressors de là pleine de savon. Finalement, Martine à la ferme ne va peut-être pas se laver tous les jours, faut pas exagérer ! Ensuite, il nous faut dix minutes de marche pour aller travailler et là encore, un vrai parcours du combattant ! Boue, eau, fils barbelés, on glisse, on se rattrape, on grogne, oups, ouf, on est presque arrivées, ah non, tiens, une barrière. Un, deux, trois, on pousse, on tire, je bande mes non-biceps, et il faudra s'y mettre à deux pour y arriver ! Même galère pour la fermer... Ça fait une heure qu'on est levées et j'ai juste l'impression d'être dans un camp d'entraînement. Dernière étape : les chiens. Bruno et Ginger nous aboient dessus et couuuuuuuuuurent vers nous, heureusement, ma douce voix fait de l'effet et ils cessent très vite.
Pour notre première matinée, après nous avoir fait visiter la ferme, Lisa nous colle au désherbage de la greenhouse (serre) et du potager. Des heures et des heures de weed nous attendent ! L'après-midi, Scott nous emmène à l'école des enfants, à trois kilomètres de là. C'est une école primaire, qui fait aussi office de collège, et un lycée y sera accolé dans quelques mois, financé par Scott, mécène du coin. Il nous présente au directeur et aux profs, et nous fait entrer dans les classes, où un bazar monstre règne : les enfants crient, rentrent, sortent comme ils veulent, cognent leurs tables aux murs, sans que personne ne leur dise rien... C'est bientôt la fin de l'année et ça se sent ! Scott nous propose de faire une petite intervention dans les classes et alors qu'on s'attendait à parler de notre voyage, le prof d'histoire suggère qu'on parle de la Révolution française aux plus grands. Pardon ? Au lieu de dire qu'on préférerait plutôt parler de l'Amazonie ou du Brésil, on répond « Mais oui, bien sûr ! » avec un grand sourire. Scott nous fixe avec un sourire étrange et j'ai la désagréable impression d'avoir dit oui trop vite et d'être tombée dans un piège. A notre grand étonnement, on apprend que les petits chiliens étudient la Révolution française au collège, considérée comme une étape primordiale dans l'histoire de la liberté dans le monde... On n'avait pas idée de l'importance de notre Histoire dans le monde ! Et dire que nous, nous avons à peine entendu les noms de Pinochet et d'Allende à la fac...
Le soir, on mange en famille et on apprend que Scott et Lisa sont tous les deux profs de fac, qu'ils continuent à enseigner à distance et que Scott publie des livres sur la communication entre les gens, à travers les différents outils de communication aujourd'hui... Il publie chez Pearson, l'un des plus gros éditeurs américains. Impressionnant ! On comprend vite aussi que pour lui, l'intérêt d'avoir des wwoofers n'est pas vraiment pour aider à la ferme mais plutôt d'ordre sociologique : parfait pour montrer des jeunes de tous les coins du monde à ses gosses et pour étudier les réactions de ces mêmes jeunes face à différentes situations. L'histoire de l'exposé à l'école m'apparaît de plus en plus comme un test... Scott et Lisa sont plutôt gentils mais assez bizarres et on n'est pas toujours très à l'aise, surtout face aux regards pénétrants de Scott. On s'attache plus rapidement à Maka, ado un peu fofolle qui nous fait beaucoup rire.
Le vendredi, c'est le fameux jour de l'exposé et après avoir préparé un power-point minable en deux heures (sans internet, of course) à l'aide de trois power-point prêtés par Scott (comme s'il avait prévu ce coup là...), nous entrons dans la classe de Maka et John. C'est la récré, les élèves et le prof ne sont pas encore là. Sonnerie... on nous entraîne dans une autre classe, et là, surprise ! C'est TOUTE l'école qui attend l'exposé des deux gringas. Les 70 élèves réunis, les profs et bien sûr, Scott et Lisa. On respire un grand coup, pas le choix, et on se lance. Il fait une chaleur d'enfer dans la salle et notre accent espagnol est très mauvais, mais on ne se dégonfle pas et on bablate pendant une quinzaine de minutes sur Louis XVI, la prise de la Bastille et la guillotine, devant des petits chiliens aux yeux ébahis. Le prof d'histoire fait ensuite un petit discours sur le droit du citoyen, la liberté, l'égalité et nous répondons à quelques questions sur notre vie en France. Scott et Lisa nous observent dans un coin et on a vraiment l'impression d'être jugées par des profs... Enfin, on a quand même réussi à donner le change et on ne nous y reprendra plus à dire oui à n'importe quoi sans réfléchir !
Cette même semaine, deux autres wwoofers ont rejoint la ferme : Tiffa et Julio, deux jeunes français, qui souhaitent lancer leur ferme à leur retour en France et qui ont déjà passé deux mois chez Scott et Lisa. Ils sont donc accueillis avec beaucoup de plaisir par la famille, d'autant plus que Julio est un pro de la cuisine et du ménage et Tiffa du jardin, deux parfaits wwoofers pour Lisa ! Ils sont assez sympas mais Julio parle beaucoup, sans écouter les autres et quand il a tort, il a quand même raison. C'est assez simple. Impossible d'avoir une conversation équilibrée avec lui ou d'échanger des points de vue, il continue jusqu'à ce que la personne en face de lui ne puisse plus rivaliser. Exemple : il nous prend pour deux citadines. Je lui rétorque que j'ai toujours vécu à la campagne et qu'un poulailler, je sais quand même ce que sais. « Ah oui, mais tu sais, vivre à la campagne, c'est aller chercher les marrons en automne.. » « Oui, oui, je connais. » « Et puis c'est surtout tu vois, savoir dépecer un lapin, tu vois, Tiffa elle savait dépecer un lapin à dix ans... ». Donc à tous ceux qui ne se considèrent pas comme des citadins, mais qui ne savent pas dépecer un lapin depuis leur plus tendre enfance, vous êtes en fait des citadins. Et ça, tous les jours, sur n'importe quel sujet. J'ai vite abandonné : je me contente de faire « oui, oui » ou « in, in » à chaque fois qu'il lance un sujet... La semaine suivante, deux autres wwoofers sont arrivés, deux jeunes américains. Le deuxième jour, l'un des deux est malade et passe sa nuit aux toilettes. Le pauvre, me direz-vous. Sauf que notre chambrette est à côté des toilettes, qu'il n'y a pas de porte aux chambres, qu'on entend donc tout et qu'on sent tout ! Nuit blanche. De plus, ces deux grands gaillards ne se sont pas lavés depuis qu'ils sont arrivés et l'odeur de leurs chaussures a empesté toute la maison. Plus qu'une semaine, plus qu'une semaine....
En plus de ces joies de la vie en communauté, le travail à la ferme nous a aussi réservé de gros fous rires. La première semaine, nous avons passé le plus clair de notre temps à désherber le potager en se demandant où étaient les vraies plantes au milieu des mauvaises herbes, à nous frotter les mains et les ongles le soir pour enlever la terre (sans grand succès), à regarder les gros cochons se frotter aux arbres en grognant de plaisir, à jouer au ping-pong avec Maka, à avoir peur du taureau près des ronces que nous devions éradiquer, à faire la vaisselle sans eau chaude... Que nous réserve la dernière semaine ?
























































