Les chignons en voyage

30 mai 2012

Dernier post des Chignons en voyage

Tout est dans le titre, that's the end of the « TDM » !

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Je me souviens de nos mois de préparation intense avant de partir, on n'y croyait pas vraiment, tout ça semblait tellement irréel ! Pourtant, le 14 juin 2011, nous avons pris l'avion pour Rio de Janeiro, là où tout à commencé...

Demain, le 31 mai 2012, nous poserons les pieds en France, après presque un an de baroudage... Une certaine nostalgie nous atteint déjà, même si on a hâte de revoir nos familles, de faire la fête avec nos amis, de retrouver notre petit confort et... de manger les bons petits plats de chez nous !

Je crois qu'on ne mesure pas encore bien la teneur de tout ce qu'on a pu emmagasiner au cours de cette année, à travers toutes nos découvertes, nos rencontres... Nous avons fait et défait nos sacs à dos des centaines de fois, fait nos lessives à la main sans grand succès, avalé des tonnes de poussière rouge, marché des kilomètres, transpiré dans le désert et grelotté à 4000 mètres d'altitude, traversé des pays de part en part, piqué du papier toilette un peu partout, pris des dizaines de bus et de taxis, rencontré des personnes extraordinaires dans chaque pays, appris à parler espagnol, vu des endroits incroyables et mythiques, pleuré parfois, ri beaucoup, découvert des cultures vraiment différentes de la nôtre, et aussi... tenu un paresseux entre nos bras, pris des coups de soleil au salar d'Uyuni, escaladé le Machu Picchu, touché le bout du monde à Ushuaïa, vu Iguaçu sous la pluie et le soleil, suivi l'Amazone des semaines durant, découvert le pays Lobi à moto et l'Argentine du nord en voiture... Bref, on a vécu tout ça à fond ! Et ça nous a donné envie, évidemment, de découvrir d'autres parties du globe...

Quelques remerciements :

Nous remercions d'abord le Conseil général des Côtes d'Armor pour nous avoir alloué une bourse, qui nous a permis d'aller jusqu'en terre africaine.

Un grand merci aussi (et surtout) à ma petite famille, et spécialement à mes parents et ma sœur pour leur soutien constant, sans lequel je n'aurais pas pu vivre cette aventure avec autant de liberté. Merci aussi à mes meilleurs potos pour leur présence, on est bientôt de retour pour de nouvelles aventures sur Paris et ailleurs !

Enfin, merci à VOUS ! Lecteurs connus ou inconnus, vous qui avez partagé toutes nos péripéties au fil du blog, merci de nous avoir lues, encouragées, suivies, merci pour vos commentaires ! Ça a été un réel plaisir d'écrire tous ces articles.

And last but not least... Le dernier « merci » est pour toi mon Chignon, avec qui j'ai traversé l'Amérique du Sud et l'Afrique. Je ne me suis jamais sentie aussi libre et heureuse que durant cette année sur les routes, et je n'oublierai jamais tout ce qu'on a partagé et tous nos fous rires (surtout ceux qui arrivent au mauvais moment !). On s'est toujours dit qu'on s'était données nous-mêmes cette chance. Et c'est vrai ! Je pense que ça nous marquera toutes les deux pour la vie, et je crois que ce voyage nous apportera la force de faire ce qu'on veut vraiment, aujourd'hui et dans le futur. Bientôt, on se verra pour regarder toutes nos photos, mais surtout, on préparera d'autres aventures, d'autres voyages !

On ne doute vraiment de rien, décidément...

Hasta luego !

Anso et Caro

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26 mai 2012

Éléphantesque !

Le samedi 12 mai nous passons donc la frontière pour revenir au Bénin, plus précisément au nord où on va passer une petite semaine. Hariss, qui a pris a une semaine de vacances, nous rejoint à Tanguiéta, petite ville qui a l'avantage d'être proche du parc de la Pendjari. Le parc, qui porte le nom du fleuve qui le traverse, s'étend sur 275 000 hectares et on peut y observer toutes sortes d'animaux de la savane ! Encore faut-il avoir de la chance, car le territoire est vaste et ces animaux sauvages ne se montrent pas comme ça.

Après avoir pris notre temps pour comparer les prix entre plusieurs agences et négocié dur, nous partons pour deux jours dans le parc. La première journée est plutôt bien remplie : décollage à 6h dans notre beau pick-up flanqué d'une banquette extérieure, deux heures de route pour atteindre l'entrée du parc et une heure encore pour dépasser la zone cynégétique et arriver là où les animaux sont les plus nombreux. Le guide (ou plutôt le chauffeur car, on va vite s'en apercevoir, ne nous explique strictement rien) se borne à conduire la voiture en regardant de temps en temps à droite ou à gauche. Très pro quoi. Heureusement, Caro-oeil-de-lynx-pourtant-très-myope repère tout ce qui bouge et grâce à elle on ne loupe rien ! Très vite, on peut observer des antilopes, pas vraiment farouches et qui se mettent souvent à galoper toutes ensemble pour traverser la route. Magnifique ! Au cours de la journée, on aura la chance de voir des antilopes-cheval, des énormes babouins, plein d'oiseaux différents, des phacochères toujours en famille, des croco, un troupeau de buffles, des hippopotames, et surtout... le clou du spectacle, un éléphant ! Au détour d'un virage, c'est Caro qui l'aperçoit : il est caché derrière des feuillages. On s'arrête et on descend de voiture pour se rapprocher un peu (ce qui est normalement interdit, car un énorme lion pourrait bien nous mordre les mollets). On reste très silencieux, c'est toujours impressionnant de voir une grosse bête sauvage comme ça. L'éléphant semble ne pas s'émouvoir de notre présence, continue à manger puis sort des buissons et se met face à nous. Il nous regarde quelques minutes, et rentre lentement dans la forêt... Notre meilleur moment dans le parc !

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Le soir, à l'hôtel, on assiste à une invasion d'insectes : des milliers et des milliers de grosses fourmis volantes s'abattent sur les lampadaires... et, quelle horreur, rentrent même dans notre chambre en passant sous la porte. On trouve vite une couverture pour les empêcher de rentrer, ouf ! Quelques heures plus tard, elles ont toutes perdues leurs ailes et des millions de petits voiles transparents jonchent le sol. Il paraît qu'ici, ces fourmis se mangent, bien grillées ! Qui en veut ?

Le lendemain matin, on part tôt le matin pour essayer de voir quelques bébêtes se dirigeant vers la mare. On croise l'hippo qui se presse dans les hautes herbes pour rejoindre sa mare, un troupeau de buffles au milieu de la route, des babouins et des phacochères faisant route ensemble... Mais pas de lion ! Dommage... On scrute les paysages jusqu'au dernier moment... Quelques heures plus tard, près des chutes que nous sommes allés voir pour nous rafraîchir après les heures poussiéreuses du parc, je trouve un magnifique caméléon ! Les béninois disent que c'est un signe de future richesse (j'espère bien que c'est vrai) et il est aussi (malheureusement) souvent utilisé par les marabouts pour tel ou tel sort. J'ai bien envie de l'emmener (qu'en dis-tu Manu, à la place du chat ?) mais il n'a pas l'air vraiment d'accord...

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On poursuit notre route jusqu'à Tanguiéta où on prend un taxi pour aller à Djougou, à deux heures de là. C'est dans cette ville qu'habite le père d'Hariss, qui a la gentillesse de nous héberger quelques jours ! Nous sommes très bien accueillies et son papa est aux petits soins. Les deux jours suivants, nous allons parcourir à moto les environs de Natititingou (à mi-chemin entre Tanguiéta et Djougou). Nati, comme les gens disent, est une ville agréable, entourée de belles collines vertes et point de départ parfait pour découvrir la brousse aux alentours. Le premier jour, on loue deux grosses motos, Hariss et Sam sont les deux chauffeurs... mais très vite c'est Caro qui prend le volant ! En moins de deux la voilà transformée en motarde, manque plus que l'ensemble en cuir !

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La piste est assez mauvaise, entre montées et descentes et on roule doucement pour éviter de se retrouver par terre, mais ça nous laisse le temps d'admirer le paysage : vallées vertes, champs d'ignames, petits villages perdus... On s'arrête pour saluer un baobab sacré, vieux de plusieurs centaines d'années, sous lequel les villageois viennent toujours déposer leurs souhaits en échange d'un sacrifice...

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En fin de matinée, on entre au pays Somba ! Les Bétammaribés (que les colons ont en fait appelés « sombas »...) sont très présents dans cette partie du pays, et vivent dans des maisons surélevées, les « tatas », qui ressemblent à de petits châteaux forts. Le rez-de-chaussée (très sombre) est plutôt réservé aux animaux et à l'étage, à ciel ouvert, se trouvent les chambres et les greniers, sur lesquels on monte par une échelle. Le chef de famille possède le grenier le plus important et lui seul a le droit d'en tirer des denrées, sa femme et ses enfants n'ont pas le droit de voir de ce qu'il y a à l'intérieur !

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Toute la journée sur nos motos, on sillonne la région, en s'arrêtant dans des petits villages, visiter, marcher un peu, voir les marchés... Le soir, Hariss apprend qu'il doit retourner sur Cotonou demain, à cause de son job. Dommage ! On est tous un peu déçus mais on se reverra dans quelques jours.

Le lendemain, Caro et moi, toujours motivées pour de nouvelles aventures (en moto bien sûr), on repart à Natitingou pour la journée. On retrouve Sam et Cyril, que j'avais rencontré en 2007 lors de mon premier voyage au Bénin. Les deux jeunes guides ont monté leur propre boîte de tourisme il y a peu et proposent des circuits un peu partout dans la région. On débute la journée par la visite d'un village peul. La location de la deuxième moto ayant un peu traîné, on arrive trop tard pour voir les troupeaux de bœufs partir dans les champs. Mais on y goûte le fruit du karité ! La pulpe se mange, elle est très sucrée. La noix de karité est utilisée pour faire du beurre, on retrouve chez nous d'ailleurs de plus en plus de produits au karité.

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Les Peuls sont un peuple semi-nomade, et sont présents un peu partout en Afrique de l'ouest. Ils peuvent s'installer quelques mois ou quelques années dans un village et repartir pour un autre endroit. Les Peuls sont des bergers et leur seule richesse, ce sont leurs bêtes, de grandes vaches assez particulières avec des cornes énormes et de grosses bosses. Avec le lait de leurs vaches, ils font du fromage, appelé « fromage peul » qu'on mange avec de l'igname pilé. Notre plat préféré ici ! En repartant, on a la chance de voir le chef du village traire ses vaches, aidé de son fils. Les petits garçons peuls vont très jeunes garder les bêtes. A partir de cinq ou six ans, ils passent leurs journées dans les champs. Ce qui fait que les enfants vont rarement à l'école...

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Deuxième étape de la journée : un village traditionnel où l'on peut rencontrer un chef féticheur et voir des grottes sacrées. Ça me rappelle quelque chose ! On marche quelques minutes, des enfants accrochés à nos mains, pour arriver au centre du petit village. Et là, surprise ! Le vieux guérisseur surgi de sa case pour se précipiter sur Caro ! En le voyant je me rappelle de lui, j'étais déjà venue il y a cinq ans... Le féticheur ne porte jamais d'habits, à part un cache-sexe (en peau de singe, graouw) et un chapeau en rafia. Voilà donc notre Caro prête pour la photo, collée au papy, qui lui demande déjà si elle veut rester avec lui ! Elle est ravie ! Moi je me marre en prenant les photos ! Mais bien vite, le féticheur m'appelle pour la photo, et me voilà coincée, il me serre bien fort contre lui, me voilà ravie aussi (la photo en témoigne...).

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Tout ça n'a pas duré cinq minutes, le vieux a surgi, a fait trois photos, craché son tabac à nos pieds, le guide nous a dit qu'il a des pouvoirs pour guérir les gens... et basta ! Nous voilà donc déjà à sortir le porte-monnaie pour rémunérer le féticheur. Bah oui, quoi, faut bien qu'on serve à quelque chose ! On poursuit la visite pour aller voir les grottes, à une demie-heure de marche. Elles sont immenses et l'histoire dit qu'elles ont été découvertes par une femme partie ramasser du bois et qu'elles ont permis au village entier de s'y cacher pendant les guerres avec d'autres village et lors de la colonisation. En milieu d'aprèm, on reprend la route pour aller aux chutes de Kota, où on profite de la fraîcheur du lieu. Le soir, après avoir dit au revoir à nos deux sympathiques guides, on repart sur Djougou pour y passer la nuit, et nous repartons ensuite vers le sud du Bénin....

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23 mai 2012

De Pô à Fada, bye bye Burkina !

          Après ces quelques jours à Gaoua nous faisons un crochet par Ouaga afin de prendre un bus pour rejoindre la ville de Pô, capitale du Pays gourounsi. Dès notre arrivée, nous sommes prises en main par un jeune homme qui se présente comme étant guide et qui se propose de nous faire découvrir la région avec un chauffeur avec qui il travaille. Après quelques négociations, on accepte sa proposition et nous commençons l'après-midi même à nous plonger dans les joies de la découverte ! Cette fois-ci, ce n'est pas en moto que nous nous déplaçons mais plutôt à bord d'une effroyable voiture toute moisie qui tombe en panne toutes les 10 minutes... pas très rassurant, mais on n'est pas du genre à se formaliser pour si peu, tant que ce n'est pas nous qui poussons la voiture. Parce que non seulement elle tombe en miettes, mais elle ne démarre pas tant que quelqu'un ne l'aide à se lancer. Honnêtement, cette bagnole mériterait d'être l'objet d'un article à elle toute seule !

         Remarquez son chauffeur n'est pas mal non plus dans le genre danger public. Celui-ci nous aura bien fait serrer les fesses en fonçant sur les pistes en terre pleines de bosses. Ce n'est pas un piéton ou un animal qui l'arrêtera, quel que soit l'obstacle, pas question de ralentir, il suffit juste de foncer en klaxonnant. Les autres sur la route n'ont qu'à bien se tenir ! On a donc supporté le premier quart d'heure en serrant les dents et en s'agrippant l'une à l'autre quand on se voyait sortir du décor ou heurter un arbre ou un gosse, mais lorsqu'il a foncé vers un troupeau de vaches qui traversait la route et qu'il est passé à deux centimètres de la tête de l'une des bêtes, on n'en pouvait plus ! Le comble, c'est que le guide a sorti sa tête de la fenêtre pour enguirlander le type qui accompagnait ses vaches... Anso a donc demandé au chauffeur si c'était possible d'arrêter de se croire dans une Batmobile et... bon, ce n'était pas parfait mais il y a eu une légère amélioration dans sa conduite. On a donc pu se détendre et profiter du paysage à bord de l'atroce tas de ferraille qui continuait quand même à klaxonner pour un oui ou pour un non... on ne peut pas tout avoir !

           Le but de notre première balade est de nous rendre à la mare aux caïmans sacrés. Il en existe deux dans la région, dont l'une, la plus impressionnante selon notre guide, se situe de l'autre côté de la frontière ghanéenne. C'est donc là-bas qu'il nous propose de nous amener. On aurait pu se méfier en l'entendant évoquer la frontière, étant donné qu'on ne dispose pas de visa pour le Ghana, mais il nous assure que ça ne pose pas de problèmes. C'est lui le guide, on lui fait confiance ! Mais son manque d'expérience et son inefficacité vont vite nous sauter aux yeux... Arrivées au poste de contrôle, le responsable nous reçoit dans son bureau et nous regarde de haut en bas avec un air mauvais. Non seulement il nous refuse l'accès mais en plus il s'adresse à nous comme si nous étions les dernières des neuneus. Le guide a beau lui lécher les bottes lamentablement, il nous regarde avec mépris et nous parle comme si on voulait envahir son pays... Pas vraiment notre intention, tout ce qu'on voulait, c'était voir trois crocodiles sacrés. La solution serait de payer 150 dollars, bien sûr, c'est hors de question ! On sort donc de son bureau pour attendre notre « carrosse » afin de faire demi-tour. Le carrosse en question refuse de démarrer. Super, ça nous laisse le temps de faire connaissance avec le camé du coin qui est venu nous postillonner dessus dans un dialecte incompréhensible... Tout ce qu'on a compris c'est que si on restait trop près de lui, on attraperait sûrement une de ses maladies (pas de doutes qu'il les cumulait...). On continue d'attendre... un des mecs de la douane vient nous dire qu'il faut vraiment qu'on parte. Il a dû avoir peur qu'on se mette à courir vers le Ghana...

             Bref, après ce joyeux épisode « Welcome in Ghana », lorsque le moteur de Titine s'est enfin mis à tourner, nous avons fait demi-tour direction le Pic de Nahouri. Il s'agit d'une montagne de 447 mètres, de laquelle il y une jolie vue sur le Pays gourounsi. Tout comme les caïmans, cette montagne est sacrée ! Les Africains adorent décréter que telle ou telle chose est sacrée... Serait-ce pour faire taxer le touriste !? Il faudrait poser la question au vieux du village en bas de la montagne qui encaisse l'argent en échange du droit de crapahuter jusqu'en haut des 447 mètres. Loin d'être facile, d'ailleurs, la vue d'une montagne sacrée, ça se mérite ! On s'attendait à une gentille promenade de montagne, et nous voilà en train de nous hisser de pierre en pierre sous un cagnard pas permis. Enfin, le panorama vaut bien l'effort ! Si on regarde bien, on peut même apercevoir le poste de frontière du Ghana ! (Mais pas sûr qu'ils puissent entendre nos insultes, même en criant très fort. Bien sûr, nous n'avons pas essayé... )

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            Après cette promenade sportive, nous sommes sensées aller voir la seconde mare aux caïmans, celle qui ne pose pas de problème de frontières. Malheureusement, il est déjà 17h30, la nuit tombe dans une heure et demie, ce n'est donc pas possible. On reporte alors la visite au lendemain.... ce qui nous engage donc à nous coltiner le même chauffeur et le même guide...

          Le lendemain c'est donc reparti avec la même fine équipe ! Premier arrêt dans le village de Boungou pour voir les caïmans sacrés. La manière de procéder est plutôt rigolote : un mec du village prend un bout de bois et une ficelle, il y attache un crapaud vivant par une patte, puis il se place au bord de la mare et chante une drôle de petite chanson en agitant le crapaud. Au bout d'un moment, au milieu de la mare, on voit quelques bulles remonter à la surface de l'eau puis les yeux d'un caïman apparaissent. Le caïman glisse alors sur l'eau jusqu'au rivage. Une fois hors de l'eau, il se dandine sur la terre ferme pour tenter d'attraper le crapaud. Le type qui tient le crapaud est joueur et le met au plus haut pour obliger le caïman à sauter. Le crapaud gonflé à bloc explose alors entre ses dents dans un jet verdâtre. Charmant spectacle ! Nous avons ensuite eu droit à un petit tour de village, accompagné par plusieurs enfants qui étaient tout contents de nous donner la main. Nous avons ensuite été invitées dans la case d'une vieille femme qui faisait de la poterie. On a même eu droit à une démo en direct. Nous nous sommes assises dans la case, puis la vieille femme est arrivée, nous a saluées et a lâché un rot monumental... ! Ni le guide, ni les deux garçons qui nous accompagnaient n'ont bronché. Anso et moi nous sommes regardées... « Heu, c'est une tradition, il faut qu'on fasse pareil ?... » Non, non, rien de ce genre, seulement une digestion un peu lente suite à un excès de bière de mil, on va dire ça comme ça... Toujours est-il que durant les 20 minutes qui ont suivi, durant lesquelles Mamie confectionnait ses pots en terre cuite, ça a été dur de réprimer le fou rire incontrôlable qui nous agitait... ça ne restera pas le moment le plus classe de notre voyage en Afrique, c'est sûr, mais ça nous aura bien fait rire !


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          Après le village de Boungou, notre bolide nous emmène voir un village d'orpailleurs, c'est-à-dire de chercheurs d'or. Ici, ça bosse dur, l'air est saturé de poussière et l'on subit le bruit obnubilant des nombreuses machines qui transforment les blocs de pierres en poudre afin de trouver l'or potentiel qui s'y cache. Nous filons ensuite au village de Tiébélé, connu pour son impressionnante concession royale que nous avons pu visiter, guidées par un jeune homme, lui-même membre de la famille royale. Ce n'est pas vraiment rare, ils sont plus de 300 dans la famille et ils ont donc leur propre espace au sein du village de Tiébélé. Une visite intéressante et qui sait mettre le touriste en appétit : dès le début de la visite, on passe devant une sorte de mini-colline dans laquelle les placentas des enfants de la famille sont enterrés. Ça met tout de suite dans le bain ! Également un plaisir pour les yeux : les différentes cases sont toutes décorées de nombreux motifs qui ont une signification en lien avec le type de personne qui y habite.De retour à l'hôtel, le type de l'accueil nous invite à passer la soirée avec lui pour l'écouter jouer de la guitare et chanter. Il a l'air un peu stone, on s'attendait à un registre à la Bob Marley, mais pas du tout, il nous a interprété des compositions de son propre cru. Un grand moment musical ! Il s'avère que le brave homme est un catholique plus que convaincu et fait de sa foi une de ses grandes sources d'inspiration. D'où des textes à la « Dieu est notre seul juge », « Jésus est là », etc. Entre deux chansons, il nous raconte quelques bribes de sa vie et nous avoue être un ancien rasta. Sûrement un joint de trop qui l'a fait basculer du côté obscur de la foi ! Quoiqu'il en soit, on a eu du mal à se décrisper lorsqu'il a insisté pour qu'on chante avec lui... J'ai bien essayé de murmurer deux-trois couplets pour lui faire plaisir mais j'avoue que je manquais fermement de conviction.

           Le lendemain, nous sommes le 11 mai ! Date importante pour les Burkinabés, car il s'agit de l'anniversaire de la mort de Bob Marley. Sur la route de Pô jusqu'à Fada, en repassant par Ouaga, nous avons eu plusieurs invitations pour fêter l'événement mais lorsqu'on arrive à Fada, il fait déjà nuit et plus personne ne nous propose de faire la fête. Ça tombe plutôt bien, on arrive à Fada exténuées. Pas grand chose à faire dans cette ville, nous sommes là seulement pour nous rapprocher du Bénin, nous passons la frontière le lendemain !

 

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08 mai 2012

Burkina Faso : de Boromo à Gaoua, des éléphants au pays Lobi

 

Petite halte à Boromo, à deux heures seulement au sud de Koudougou, pour découvrir la forêt des Deux-Balé, où l'on peut voir... des éléphants ! Mercredi soir, on trouve une petite auberge de brousse. Panne de courant, pas un souffle d'air dans la chambre... Je décide de dormir dehors, la proprio me donne un matelas, ouf ! Je m'installe entre deux manguiers où sont perchées les poules, et avec le chien de la maison qui vient poser sa grosse tête à côté de la mienne. Compagnie, quand tu nous tiens... Un ciel pur s'étale sous mes yeux, magie africaine !

Le lendemain, après avoir négocié une voiture avec l'instituteur du coin, Ghislain, nous voilà parties sur la trace des éléphants... Dommage pour nous, il y a eu des fortes pluies quelques jours avant, ce qui signifie que les animaux peuvent s'abreuver dans divers points d'eau, et sont donc plus durs à trouver. On espère avoir de la chance ! La forêt protégée s'étend sur 80 000 hectares et abrite 300 éléphants, on pensait donc avoir loué la voiture pour parcourir une bonne partie du coin et débusquer quelques uns de ces pachydermes. Que nenni ! Les burkinabés ont tendance à ne pas toujours tout nous expliquer, et à omettre des détails, surtout quand il y a un peu de monnaie à se faire. Après quelques kilomètres en forêt, on s'arrête dans un campement et on comprend qu'on n'ira pas plus loin en voiture. Ghislain nous laisse aux mains d'un guide qui nous louche dessus et qu'on comprend difficilement. C'est parti pour deux heures de marche sous un soleil de plomb.

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On en a vu des animaux : des ânes ! Gris. Des oiseaux ! Gris. Des vaches ! Grises aussi. Mais le gros néléphant, point du tout. Caro lance un cri du cœur juste avant de rentrer au campement, « là, là, un.... âne. Oui, un âne. » Dommage ! Pas un barrissement en vue, on décide de repartir en fin d'après-midi pour Gaoua, encore plus au sud, vers la Côte d'Ivoire. On espère se rattraper animalement parlant dans quelques semaines, au nord du Bénin...

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Arrivées à Gaoua, on se dégote une chambre pas trop mal : un gros ventilo, une vraie douche et la télé pour pouvoir suivre les élections, le grand luxe quoi ! Gaoua, située dans le sud-ouest du Burkina, est la capitale du Pays lobi, territoire qui s'étend sur trois pays : le sud-ouest du Burkina, le nord de la Côte-d'Ivoire et l'ouest du Ghana. Plusieurs ethnies venues du Ghana entre le 14ème et le 20ème siècles y cohabitent aujourd'hui, notamment les Birifors, les Dyans, les Gans et bien sûr, les Lobis. A Gaoua se trouve le Musée régional des civilisations du Sud-Ouest, ouvert en 1990 sur l'initiative d'une religieuse française, Madeleine Père, qui a longtemps étudié l'ethnie Lobi. Venus du Ghana au 19ème siècle à la recherche de terres plus fertiles et giboyeuses, nous avons découvert leur culture lors de notre visite. Aujourd'hui, les Lobis sont environs 200 000 au Burkina, et leur mode de vie a bien changé. Ce dont nous allons parler maintenant prévalait jusqu'à la fin du 20ème siècle environ, il n'y a donc pas si longtemps...

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Connus pour être des guerriers redoutables, notamment grâce à leurs flèches empoisonnées (qui pouvaient tuer un homme en dix minutes), ils ont longtemps résisté aux différents envahisseurs et colonisateurs. Les Lobis ont toujours eu cette particularité d'être une société ancéphale, c'est-à-dire sans pouvoir centralisé, donc sans chefferie et sans castes. De plus, les femmes avaient un rôle très important. D'abord, ce sont elles qui transmettaient leur nom à leurs enfants, et non pas le père (c'est le contraire aujourd'hui). Les enfants portaient des prénoms en fonction de l'ordre de leur naissance et de leur sexe, et lors du djoro, rite d'initiation qui avait lieu tous les sept ans, un autre prénom leur était donné, selon leurs caractéristiques physiques ou morales. Durant le djoro, les enfants passaient plusieurs semaines en brousse et devaient subir plusieurs épreuves (faim, soif, chasse...), mais une bonne partie de ces rites étaient tenus secrets. C'est également sur les femmes que reposait une grande partie de l'économie familiale : elles semaient dans les champs (car de la fécondité de la femme venait une bonne récolte), s'occupaient de faire à manger, de l'eau, de préparer le dolo (la bière de mil), de fabriquer des objets à vendre sur les marchés, de ramasser de l'or pour l'échanger contre d'autres denrées.... Tout cela faisait vivre la famille. Les hommes quant à eux faisaient la guerre, labouraient les champs et géraient les affaires de divination.

Enfin chez les Lobis, trois sortes de mariages existaient : le mariage par consentement (deux personnes choisissaient de s'unir), le mariage par don (les anciens décident qui va se marier avec qui), et le mariage par enlèvement : il arrivait souvent qu'un homme d'un autre village vienne enlever une fille pour en faire sa femme, même si elle était déjà mariée. Cela donnait lieu à de nombreuses guerres entre villages !

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Nous avons appris énormément de choses intéressantes dans ce musée et le lendemain, nous partons en moto voir de nos propres yeux le pays Lobi, accompagnées de deux guides. Les enfants nous interpellent pour nous faire coucou tout au long de la route, j'ai l'impression d'être une reine qui salue la foule ! La région du sud-ouest, proche de la Côte d'Ivoire et du Ghana, est une région verdoyante et plus fraîche qu'ailleurs, que du bonheur ! Nous partons très tôt le matin, et après quelques kilomètres, notre guide, Bapio, nous fait visiter une véritable sukala, maison typique des Lobis, très utilisée encore aujourd'hui. Une sukala est une véritable forteresse-labyrinthe, basse et très sombre, faite pour résister à l'ennemi et dans laquelle se trouvent de nombreuses pièces différentes. Dans celle que nous avons visitée, six femmes y habitent, toutes les femmes d'un seul homme ! Chaque femme a sa pièce attribuée, dans laquelle elle dort, cuisine, mange avec ses enfants, se douche... Très peu de choses se font à l'extérieur chez les Lobis ! L'homme a quand a lui une pièce un peu en hauteur qui lui est réservée (que nous n'avons pas pu visiter), et les femmes s'occupent de lui tour à tour. Un bon système diront certains !

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Nous avons eu la chance de rencontrer l'une de ces femmes, la plus ancienne, qui portait un labret (petit morceau de bois incrusté dans la lèvre supérieure et/ou inférieure), synonyme de beauté chez la femme Lobi. Le guide nous explique que seules les très vieilles femmes aujourd'hui en portent encore, et que les jeunes refusent cette tradition. Le mode de vie des Lobis est encore très marqué par toutes ces particularités, même s'il est aujourd'hui plus vivant dans les villages reculés qu'en ville, où il se modernise.

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Plus tard dans la matinée, nous avons visité le sanctuaire des rois de l'ethnie Gan. Chaque roi (28 sont morts) a sa sépulture avec une statue, bien qu'ils ne soient pas enterrés là. Nous avons même eu la chance de voir le roi Ghan actuel, 29ème roi de la lignée ! Les rois sont nommés à vie, et héritent de toutes les femmes et enfants de leurs prédécesseurs. S'il avait auparavant un droit de vie ou de mort sur ses sujets, le roi n'a plus aujourd'hui qu'un rôle consultatif, bien qu'il soit toujours très respecté par ses sujets. Nous avons posé quelques questions au roi, qui pour bien marquer son statut, nous répond en dialecte local. Les réponses sont traduites par son interprète. Le pauvre roi a l'air de bien s'ennuyer ! On ne le dérange pas très longtemps... Sur le chemin du retour, visite d'un village de sculpteurs et de vannières, et aussi rencontre avec un superbe baobab... J'ai adoré cette région magnifique, qui représente pour moi l'Afrique profonde et pleine de mystères, je reviendrai, c'est sûr !

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07 mai 2012

Burkina Faso : de Ouagadougou à Réo

 

Après Cotonou, cap sur Ouagadougou ! Autre capitale, mais du Burkina Faso cette fois-ci. 17 heures de route dans un bus folklo sur des pistes bourrées de nids de poule. Autant vous dire qu'on est arrivées en pleine forme à Ouaga... La première chose qui frappe quand on pose le pied sur le sol du Burkina, c'est la chaleur ! Au Bénin, on avait chaud, mais ça restait gentillet. Ici, au Burkina, les 40° ambiants nous donnent la sensation que notre peau n'en finit pas de s'embraser... Seul remède pour ne pas griller sur place, se mettre à l'ombre et boire des litres et des litres d'eau !

Dans le bus, on était un peu comme deux carrés de chocolat Galak dans une boîte de chocolats noirs. On ne pouvait pas faire un geste sans faire exploser de rire nos deux voisines de derrière. Ça a été l'apogée lorsqu'on a eu le malheur de manger un bout de pain avec du saucisson. Ne nous demandez pas ce que ça a de drôle, on n'a toujours pas pigé à l'heure d'aujourd'hui... (ça doit être une private joke entre « chocolats noirs »...) On ne passait donc pas inaperçues dans le bus, on ne passe toujours pas inaperçues une fois arrivées à Ouaga... Ce n'est rien de le dire. Durant notre première sortie dans le centre bondé de la ville, on a presque déclenché une émeute entre les femmes du marché qui se battaient pour nous vendre leurs fruits. Nous étions comme deux Beatles entourés de groupies hystériques !

Tous les ans, Ouagadougou abrite un festival de cinéma assez réputé en Afrique. Nous ne sommes pas tombées dans la bonne période mais on a quand même voulu tester une des salles de projection de la ville, histoire de voir à quoi ressemble le 7ème art en Afrique ! Bon, ce serait dommage de faire des généralités, mais le film qu'on a vu était franchement un navet comme rarement on en a vu. Maintenant, on comprend meux pourquoi le cinéma africain n'est pas reconnu dans le monde... ça nous aura quand même bien fait rire ! Et puis Ouaga peut se vanter de toucher à d'autres formes d'art : réalisation de batiks (teintures représentant des scènes africaines), sculptures en bronze etc. On a eu l'occasion de voir tout ça de plus près en nous rendant au village artisanal où divers stands d'artisanats sont exposés.

Après deux-trois jours hauts en couleur à Ouaga, on reprend un bus direction Koudougou, la troisième ville du pays, puis pour Réo, une toute petite ville où nous nous rendons pour travailler quelques jours dans une association française qui parraine des enfants du village, et héberge dix-sept jeunes garçons au collège et lycée.

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En nous rendant à Réo, on comptait sur la chance pour être accueillies dans l'asso en question, n'ayant pas réussi à les contacter auparavant. Le moto-taxi que nous arrêtons nous amène d'abord dans une association qui met en avant le terroir de Réo... Accueil très chaleureux ! D'autant plus qu'on tombe en plein festival. Au programme : musique, danse traditionnelle et dégustation de la bière de mil. Très sympa tout ça mais ce n'est pas du tout la bonne adresse. Au bout de quelques heures, on réussit à mobiliser deux mobylettes et leur conducteur pour nous conduire dans la bonne asso.

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Nous sommes reçues par Bernard, le responsable du centre et Véronique la charmante cuisinière. On leur explique notre cas, à savoir que nous venons dans le cadre de notre association « Va-te faire lire ailleurs ! » pour effectuer des ateliers sur le livre, la lecture et l'écriture avec les enfants. Non seulement ils acceptent, mais en plus, ils nous hébergent ! On ne pouvait pas espérer mieux après cette journée éprouvante ! Le soir, on fait connaissance avec les élèves avec qui on engage un petit débat. Un moment intéressant et inattendu : ils sont d'abord assez timides, Bernard les pousse à nous poser des questions, on sourit en attendant que les mains se lèvent pour prendre la parole, en imaginant des questions genre « Êtes-vous mariées ? », « Habitez-vous à Paris ? », « Fait-il chaud en France ? » etc. Mais, on n'a pas fait les malignes longtemps, au bout de quelques minutes, l'ambiance se réchauffe et les langues se délient. Parmi de nombreuses interrogations, voici celles qui nous ont le plus scotchées : « Pourquoi Hitler voulait tuer tous les juifs ? », « Le Président Chirac a dit que la démocratie était un luxe pour l'Afrique, pouvez-vous nous expliquer cela ? ». Anso et moi nous nous regardions parfois avec des yeux affolés... Pas question de faire des gouzis-gouzis avec ces petits-là. Ce sont eux qui nous ont passées à la moulinette ! La France est très regardée et donc très critiquée : l'hexagone a une grande place dans le programme scolaire, et RFI par exemple est une station de radio très connue et très écoutée. Par conséquent, beaucoup d'interrogations, mais des conclusions un peu limitées pour ces jeunes élèves qui n'ont pas toutes les clés pour analyser toutes les données des problèmes entre la France et l'Afrique. Ni Anso, ni moi ne sommes des spécialistes capables de rendre limpide une explication sur l'interventionnisme des armées françaises en Côte d'Ivoire ou en Libye. Mais on a fait ce qu'on a pu. Après cette soirée, on n'est pas mécontentes d'aller nous coucher ! Mais la chaleur est telle que c'est difficile (voire impossible pour Anso) de trouver le sommeil.

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Nous avons passé les jours suivants avec Bernard à échanger sur tout et n'importe quoi et avec les élèves durant les quelques ateliers que nous avons mis en place (pour plus de détails là-dessus, rendez-vous sur notre blog « Va-te faire lire ailleurs ! »). Ils se sont bien pris au jeu pour la plupart malgré la difficulté parfois à les mobiliser dans une salle de classe plutôt que sur un terrain de foot. On s'est vraiment attachées à eux ! Ils sont à la fois curieux et très respectueux envers nous. Un soir, nous avons eu l'occasion de goûter au plat national, le tô. Il s'agit d'une pâte de maïs blanche qu'on trempe dans une sauce. Ce sont les deux cuisinières, Véronique et Safi, qui l'ont préparé. Ces deux femmes se baladent 24h sur 24h avec un sourire jusqu'aux oreilles, c'est un plaisir de les rencontrer. Au Burkina, une femme qui ne sait pas cuisiner le n'est pas une femme. C'est ce que nous ont confié Koudougou, Richard et Xavier, trois des élèves qui ont partagé le repas avec nous. Ça les a bien fait rire de nous voir manger avec des fourchettes, bonnes françaises que nous sommes. Pour un Burkinabé, le ne se mange pas autrement qu'avec les mains !

Le dernier jour, on quitte les élèves en leur confiant nos adresses postales (et non nos mails, la plupart d'entre eux n'ont jamais eu l'occasion de surfer sur le web). Un vrai coup de cœur pour moi qui quitte à regret ces petits jeunes qui nous ont accueillies comme des reines ! Un seul grand regret : Bernard nous a formellement interdit de prendre des photos du centre et des enfants... d'où le manque d'illustrations pour cet article. Nous repartons donc avec plein de souvenirs mais sans photos (du centre en tout cas...) !

 

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23 avril 2012

Bonne arrivée au Bénin !

Premier post du Bénin, où nous entamons la deuxième partie de notre voyage, en terre africaine cette fois ! Après quelques semaines de pause en France, nous voilà reparties sur les routes pour de nouvelles aventures ! Je suis la première arrivée à Cotonou, capitale économique du Bénin (la capitale administrative étant Porto-Novo), Caro me rejoindra deux jours plus tard. C'est avec un grand plaisir que je retrouve mes amis béninois, notamment Hariss, mon meilleur ami et mon guide ici ! La première journée, accueillie par Hariss, Ziana et Mansoura, ses deux sœurs, je reprends mes marques dans cette ville qui est un peu comme chez moi. Le matin, j'accompagne Hariss à son match de foot dominical où tous ses collègues me saluent d'un aimable «  Bonjour Madame ! ». ça m'aurait glacé le sang en France, ici ,c'est une marque de respect, notamment envers les plus jeunes ! Chez nous on préfère le « Mademoiselle », ici les filles préfèrent être appelées « Madame »... Il va falloir s'y faire... N'est-ce pas Caro ? Je fais connaissance avec les enfants du coin pendant qu'Hariss se fait cogner les tibias.

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Après le match, une forte pluie tombe sur la ville, on en profite pour dormir un peu avant de repartir en scooter à la recherche de beignets de farine de blé (appelés « pâtés »)... La nuit tombe sur Cotonou, et on repart avec Hariss, l'air frais (et aussi pollué, il faut bien l'avouer) dans les cheveux, faire une petite visite aux uns et aux autres. Actuellement, c'est la petite saison des pluies au Bénin, et les averses rafraîchissent l'air !

 

Mardi matin très tôt, direction l'aéroport pour accueillir Caro, qui a pris l'avion toute seule comme une grande (voyageuse) ! Le Bénin est une grande découverte pour elle, une redécouverte pour moi et on en prend plein les yeux ! Première approche de la ville en zem et à pied ! Dans les rues, les enfants nous accostent avec leur refrain « Yovo, yovo bonsoir ! (« yovo » est le terme que les Cotonois utilisent pour parler des « blancs », en langue fon.) et le dépaysement est total. L'après-midi, accompagnées de ma copine Germaine, nous allons faire un tour au marché Dantokpa, l'un des plus grands marchés d'Afrique de l'Ouest, après celui du Ghana. C'est un endroit grouillant de monde : vendeurs en tous genre, tireurs de marchandises agressifs, des femmes portant de lourdes charges sur leurs têtes, des enfants allongés à même le sol... Impossible de s'y retrouver, et l'hésitation n'a pas sa place ici : on pousse, on tire, on contourne mais chacun se fraie son chemin. Sinon, gare aux invectives qui ne tardent pas à fuser ! A première vue, un marché puant et sale, où en tant qu'européennes, observées et détaillées par les béninois, on ne se sent pas à l'aise. Pourtant, la beauté est partout : les légumes sur les étals, l'odeur d'une mangue mûre, la couleur des tissus traditionnels, l'odeur des épices, le regard curieux des enfants, le sourire d'une vendeuse à qui on achète des bananes... L'Afrique quoi ! J'imagine qu'il faut revenir plusieurs fois dans un tel endroit pour se sentir un peu plus à l'aise, et peut-être même prendre quelques photos...

 

Le lendemain matin, nous avons rendez-vous aux éditions Sinaï, où travaille Hariss, afin de faire une petite visite des lieux. Le chef de fabrication nous explique son travail en détails et on rencontre aussi le graphiste, l'assistante d'édition... Rendez-vous sur le blog de l'asso pour en savoir plus ! L'après-midi, on se rend à la plage. Cotonou est une ville construite au bord de l'océan, et pas besoin d'aller bien loin pour s'allonger sur le sable. L'endroit est désert, et il n'y a que nous et les vagues. Un vrai plaisir après l'agitation constante des rues de la ville.

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En fin d'après-midi, pour rentrer, nous prenons un « zem ». Les zems, diminutif de « zemidjan » (qui signifie en fon « emmène-moi vite ») sont des motos-taxis qui vous conduisent en moins de deux où vous voulez. Pas chers et pratiques, il sont constamment utilisés par la population. Par contre, il ne faut pas avoir peur en moto ! Ils roulent parfois très vite et sans égards pour leurs passagers. Caro et moi, on monte à deux sur un seul zem. Ça coûte moins cher, et on est sûres de ne pas être séparées. Certains zem refusent à cause des policiers, d'autres acceptent sans problème. Nous voilà donc installées (ou plutôt coincées) sur notre zem.. On traverse toute la ville pour rejoindre notre petit hôtel. Pas un policier en vue ! Jusqu'au moment où le zem nous dépose devant la porte... où se trouve un gros policier ! On se met à rire tous les trois... L'autre fait semblant de ne pas nous avoir vus, ouf ! Prendre un zem est une véritable aventure à chaque fois. En seulement quelques jours nous avons eu un zem chanteur, deux demandes en mariage, un prêcheur de la bonne parole, un zem agressif, un zem bolide... Et ce n'est pas fini !

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20 mars 2012

Buenos Aires du 13 au 20 mars

Voici le dernier post d'Amérique du Sud. Quelques mots sur Buenos Aires bien sûr mais également sur ce voyage de neuf mois qui nous aura fait traverser 5 pays incroyables. Inutile de sortir les violons, seulement je tiens à dire que c'était une folle expérience que je revivrais 1000 fois s'il le fallait mais qui est née d'une décision pas évidente à prendre. Partir avec un sac à dos aussi longtemps aussi loin, ça manque de logique, ça manque de raison surtout... Mais si l'envie est là, c'est à faire absolument ! Ce n'est pas seulement de l'inconscience !

C'est de Buenos Aires que nous prendrons tout à l'heure notre avion pour le retour en France. C'est donc là que nous avons passé notre dernière semaine. Une semaine durant laquelle nous avons vadrouillé dans les différents quartiers de la ville : la Boca, San Telmo, Palermo, el Centro. Ici nous nous replongeons dans une ambiance de grosse ville. On se laisse aller parmi les Argentins et les touristes de toutes les nationalités, un peu coincées entre la hâte de retrouver en France tous les gens qu'on aime et une petite nostalgie de savoir que nous quitterons bientôt l'Amérique du Sud.

Un mot sur le blog également : nous avons écrit tous ces articles pour tenir informés nos proches. On s'est très vite prises au jeu en racontant nos péripéties plus ou moins intéressantes... ça ne devait pas toujours être passionnant à lire mais c'était toujours un plaisir de les écrire ! Merci à tous ceux qui ont pris la peine de nous suivre ! C'est la fin du voyage sud-américain, mais nous repartirons très prochainement en Afrique pour une plus petite période mais avec, on l'espère, autant de choses à raconter. D'ici là, rendez-vous en France à Paris, à Pleumeur-Bodou, à Angers, à Belle-île en mer...

Pour conclure en beauté voici une petite vidéo de notre voyage réalisée par Manu (elle sera accessible dans une petite demi-heure ) :

http://vimeo.com/38849615


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18 mars 2012

Puerto Iguazú le 10 mars

 

Ça sent la fin du voyage pour nous ! Nous sommes à Puerto Iguazú en Argentine, alors qu'il y a un peu moins de 9 mois nous étions à Foz do Iguaçu au Brésil ! Nous avons donc fait une boucle. Ces deux villes n'ont pas que leurs frontières de communes, elles partagent surtout leurs impressionnantes chutes d'eau. Nous les avions vus du côté brésilien, nous sommes retournées les voir du côté argentin. Une toute autre visite ! D'abord, quand nous étions au Brésil, nous nous étions pris une sacrée pluie, alors qu'ici, il faisait une chaleur écrasante. Enfin, la différence majeure reste dans l'organisation de la visite. Côté argentin, faut avouer que c'est un peu Disneyland... on prend un petit train pour accéder aux différents points de vue. Au début, on était tout heureux, nous étions les premiers, nous nous sommes donc installés dans les wagons, en prenant toute la place voulue... mais on a moins fait les malins quand on s'est rendus compte que le train attendait de se remplir pour partir. Enfin, on n'a pas attendu trop longtemps, un bon car de japonais a débarqué et nous voilà tous les trois serrés comme des patates dans le ridicule petit train. Je pense que désormais, Manu, Anso et moi allons être dans les albums photos souvenirs d'une bonne centaine de japonais. Youpi ! Ici on peut observer peut-être les plus impressionnantes chutes d'eau au monde, et en prime, on peut faire une étude sociologique sur le comportement des touristes de toutes les nationalités : américains, argentins, brésiliens, européens, etc. On ne s'en est pas privé ! Enfin, perso, mes préférés restent les... français ! Un des spectacles que j'ai beaucoup aimé : observer un groupe de français à la retraite (enfin je ne leur ai pas demandé, mais ils n'avaient pas l'air de toute première jeunesse...) se faire braquer leur paquet de chips par une bande de coatis ! Une des mamies du groupe a fait un tel bon en arrière que même la blague de son copain Bernard ne l'a pas faite rire, je cite : « elles doivent avoir du cholestérol ces bêtes-là ». Sûrement une blague que les moins de trente ans... disons plutôt trente-cinq ans ne peuvent pas comprendre. Je n'ai d'ailleurs pas plus ri à la blague quand la mamie en question qui venait juste de se remettre de ses émotions s'est approchée de moi pour me répéter la blague de son ami Bernard avec un clin d’œil complice en prime... Je ne devais pas avoir une bonne tête ce jour-là, je ne vois pas d'autres explications au clin d’œil...

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Conclusion de la journée, si tu veux voir des tas de gens différents, tous en short, en bob et avec un badge sur lequel est inscrit un nom de guide, viens un samedi ! Sinon, si tu veux juste venir profiter de la beauté exceptionnelle de l'endroit, viens un lundi, un mardi, un mercredi, un jeudi ou un vendredi ! Bon, vous l'aurez compris, nous, c'était un samedi...

 

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12 mars 2012

La Bolivie au programme ! Du 28 février au 7 mars

Après avoir passé assez vite le haut-nord argentin, on décide de passer la frontière bolivienne pour une dizaine de jours. Le passage de la Quiaca à Villazon se fait très facilement (contrairement à une américaine qu'on rencontre à ce moment là, et qui doit payer 100 dollars pour passer, et fournir une tonne de paperasse !) et un tampon plus tard, on retrouve avec plaisir l'ambiance qui nous rappelle le Pérou : les mamitas en costumes, les chips à la babane, la coca, les petits restos pas chers... A peine passés, on prend un bus pour Tupiza, au sud-ouest de la Bolivie, d'où on compte partir en excursion pour visiter le salar d'Uyuni, le désert de sel le plus grand au monde ! Finalement, un hôtel puant et deux agences de voyage plus tard, on se rend compte que ces excursions sont trop chères pour nous. Direction la ville d'Uyuni, avec un trajet en bus de jour : paysages vallonnés et montagneux, lamas dans tous les coins, chèvres, ânes, campesinos devant leurs maisons... Le Pérou et la Bolivie semblent vraiment proches tant au niveau du relief que de la culture !

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Arrivés à Uyuni, on se décide pour un tour d'un jour au salar. On voudrait avoir la force de comparer les agences, mais une grosse bonne femme à l'air mielleux nous aborde dès la sortie du bus, avec trois mots d'anglais et de français. On décide de la suivre jusqu'à son agence. Elle fait bien son speech et nous propose un tour privé rien que pour nous quatre (l'américaine est toujours avec nous) : départ à 10h du matin, avec plus de temps sur le salar jusqu'au coucher du soleil. Cette solution nous permettrait de prendre un bus dès le lendemain soir pour Potosi. On négocie le prix et on accepte, même si elle ne nous inspire pas une grande confiance. On a juste envie d'aller prendre une douche et de manger !

Le lendemain, en bons français respectueux des horaires, nous voilà à 10h moins cinq devant l'agence. La bonne femme avait promis qu'elle serait là pour nous accueillir et nous présenter le chauffeur. Les minutes passent, on commence à s'impatienter. Elle arrive tout sourire à 10h30 passées, avec le chauffeur. Elle nous assure qu'elle avait dit qu'on ne partirait pas avant 10h30... On se sent floués, le ton monte, Manu s'énerve, elle ne s'attendait pas à ça. On lui pose un ultimatum : soit elle nous rembourse tout, soit elle baisse le prix de 50 bolivianos par personne. Elle accepte la deuxième solution, et en nous rendant l'argent, glisse à son chauffeur en espagnol : « Ils ne verront pas le coucher du soleil ! ». Décidément, elle nous prend vraiment pour des imbéciles (non-hispanophones qui plus est). On lui reproche encore sa mauvaise foi, elle se rattrape avec un sourire jaune et nous fourgue dans le 4x4. L'américaine semble médusée de notre scandale et prend ses 50 bolivianos avec des yeux ronds. On n'est pas français pour rien ! On oublie vite cette mésaventure, d'autant plus que le chauffeur, Ivan, n'en semble pas affecté. Premier arrêt : le train fantôme (piège à touristes de 5 minutes). Deuxième arrêt, des soi-disantes momies (en fait des squelettes humains laissés dans une maisonnette en pierre, cigarettes et pièces sur les crânes). On tente de soutirer des infos au guide mais il répond vaguement ou simplement « oui » à toutes nos questions... Bon, je sens qu'internet sera d'un meilleur soutien !

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Enfin, on arrive au Salar d'Uyuni en fin de matinée. A cette période de l'année, le salar est recouvert d'une couche d'eau (de quelques centimètres jusqu'à un mètre cinquante à certains endroits), ce qui donne un effet de miroir absolument gigantesque ! Pour vous donner une idée (avant quelques images) le salar s'étend sur plus de 12 000 km² et représente actuellement un tiers des réserves de lithium de la planète. Entre le sel dur et blanc sous l'eau et les nuages se reflètant dans l'eau, il nous semble être au milieu d'un immense mirage. On monte sur le toit du 4x4, et au fur et à mesure qu'on avance, nous sommes seuls dans cet endroit étrange et on pose le pied dans l'eau ! Les tongs sont vites de sorties, car le sel est trop dur pour nos petites plantes de pieds. C'est parti pour des photos... (je vous laisse adjectiver!). En soirée, le salar se vide de ses touristes et nous avons le salar pour nous, avec les flamands au dessus de nos têtes.

 

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Les nuages gâcheront le coucher de soleil mais une autre surprise nous attend ! On retrouve Julie et Laurent, nos copains du Pérou ! On se saute dans les bras et on se promet de se revoir le lendemain à Potosi. Notre bus nous attend, on part ce soir pour Potosi.

Arrivée à Potosi en plein milieu de la nuit... dans cette ville titrée « la plus haute au monde » ! On a vérifié, c'est bien vrai... Le salar était déjà à 3600 mètres, ici, on arrive à 4070 ou 4090 mètres selon les sources. On découvre une jolie ville avec ses nombreuses églises, ses ruelles pavées et sa place, le tout construit sur une colline, en pente ! Nous revoilà à boire du maté de coca ! Deux jours tranquilles à découvrir les marchés, et à essayer de négocier quelques produits artisanaux. Mais les boliviens se révèlent plus durs en affaire que les Péruviens... Certains refusent même de négocier tout court... C'est même pas drôle ! Nous passons également pas mal de temps avec Julie et Laurent et à échanger nos histoires de voyage (nous avons apparemment traversé moins de pièges à gringos que ces deux là !). Une des particularités de Potosi ce sont ses mines dans les montagnes, qui entourent la ville. Des centaines de mineurs y travaillent encore, et notamment des enfants. Étant peu motivés pour la visite, nous nous sommes rendus à une séance cinéma : un documentaire intitulé « The Devil's miner » (beaucoup d'infos sur le net pour ceux qui sont intéressés), sur le travail des enfants dans ces mines. Touchant et prenant, on suit deux jeunes frères, qui, pour faire vivre leur famille, risquent leurs vies chaque jour en s'enfonçant dans les mines. Ils nous font partager leurs peurs, leur complicité, leur envie d'étudier à l'école, et surtout, leurs espoirs d'un avenir meilleur. Étrange sensation d'être dans cette même ville, et de savoir qu'à quelques kilomètres, là-bas, plus haut dans la montagne, ces gosses travaillent dans cet enfer...

Très tôt le lendemain matin, nous prenons un bus pour Sucre (prononcer Soucré), l'une des plus belles villes du pays. En arrivant, on apprend que tous les dimanches se tient le plus grand marché artisanal pas loin de là, à Tarabuco ! Il nous faut deux heures pour y aller, et lorsqu'on arrive, le marché se termine... Dommage ! On a quand même pu voir des boliviens de plusieurs communautés avec des habits traditionnels très différents, venus vendre leurs mantas tissées finement. Après les prix prohibitifs argentins, on a vraiment envie d'acheter quelques petits cadeaux ! Le temps de regarder les boliviens ramasser leurs échoppes et nous voilà repartis pour Sucre.

Le surlendemain, deux jours de voyage sont prévus. On a en effet décidé de traverser le Paraguay (diablement moins cher) pour rejoindre le nord-est de l'Argentine. Notre périple commence le 6, destination : Santa Cruz (toujours en Bolivie, 15h de route). En milieu d'aprèm, on se retrouve devant un bus moisi, et à l'intérieur, des odeurs de transpiration aigre et d'urine nous assaillent... Charmant. Juste avant le départ, un policier monte expliquer aux passagers qu'ils ont le droit de dénoncer les dérives de la compagnie de bus : passagers sans sièges debouts dans le couloir, chauffeur qui boit, refus d'arrêt si quelqu'un est malade... Ça promet ! Tout va bien jusqu'à minuit, moment où le bus s'arrête. Le chauffeur coupe le moteur, et des bruits de vissage se font entendre sous la carrosserie.y On repart, on s'arrête... 4 ou 5 fois, jusqu'à 2h du matin où on ne repartira pas avant 5h. Plus de batterie, et le problème semble venir de la boîte de vitesse qui ne dirige plus les roues. La chaleur dans le bus est insupportable, on essaye de dormir comme on peut. Les boliviens n'en font pas trop cas, malgré les heures de retard et la non-information des chauffeurs. Seulement quelques « vamos ! » montent de temps en temps... On est franchement plus râleurs chez nous ! Ici, c'est plutôt le fatalisme qui règne. C'est le lendemain qu'on arrive à Santa Cruz, vers 11h, déphasés et accablés par la chaleur. Il nous faut déjà racheter un ticket de bus pour le Paraguay, bus qui ne part qu'à 19h... Attendre, ou comment ne pas s'endormir sur son banc. 22 heures de bus plus tard, une rencontre étrange avec une famille de mennonites (communauté religieuse installée au Paraguay) et une traversée express du pays, nous traversons la frontière argentine la nuit du 9... Nous revoilà en Argentine !

 

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03 mars 2012

3 semaines à la Finca - du 1 et au 21 février

Comment dit-on « bêche » en espagnol ? ZAPAAAAAAAA. Ce mot, on ne l'oubliera pas, la « zapa » rythme nos journées à la ferme. Ici, on est à la campagne mais il ne s'agit pas de batifoler dans les prés... on est là pour bosser ! Lever à 6h30 pour avaler un bout de pain tout sec avec une lichette de miel avant de donner la becquetance aux poules. Puis direction le champ de tomates pour bêcher la terre. Ça ne rigole pas, au bout des vingt premières minutes, on avait des ampoules aux mains, au bout d'une journée, je savais choper un poulet par les pattes et lui couper les ailes, au bout de trois jours, on maîtrisait une bonne partie du vocabulaire de l'agriculture en espagnol, et au bout de deux semaines, on voulait fuiiiiiiiiir... Mais bon... pas notre genre de nous plaindre... bien sûr, on reste jusqu'au bout ! La famille est plutôt sympa et quelques soirées valent le coup ! Notamment, lorsque Pablo, le cousin, sort son gros télescope pour nous faire partager sa passion pour l'astronomie, où lorsque Matias, le fils nous propose une partie de poker et se fait plumer après quelques tours. Même moi, qui jouait pour la première fois, je l'ai battu ! La figure marquante de la famille, c'est bien sûr le père : Roberto. Un bon argentin fier et macho comme on les aime. Ce qu'il adore : nous faire des leçons de géo-politique sur le monde (sauf sur l'Argentine, qui est quasi toute blanche à ses yeux). Dès le premier jour, on aura droit à « Sarko es un hijo de puta » (pas besoin de traduction, je pense !) Mouaif, bon, je ne suis pas non plus hyper fan du futur-ex président, mais il y a mieux comme accueil...

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Au final, trois semaines assez laborieuses ancrées dans l'Argentine profonde. Une bonne immersion qui nous a permis de nous rendre compte de la difficulté du travail dans les fermes organiques. Le départ est prévu pour le mardi 21... mais la ferme est tellement paumée que le bus n'est jamais passé. On a attendu, marché, attendu, on s'est séparés, on s'est énervés, on a encore marché, on a croisé des atroces meutes de chiens, on a fait du stop, on a attendu assis, debout, le pouce levé, puis 4h après une voiture s'est arrêtée pour nous prendre ! On était persuadé que la meilleure des stratégies pour arrêter les voitures c'était que Manu se mette en retrait pendant qu'Anso et moi nous levions le pouce... erreur ! C'est quand Manu a pris la relève qu'une voiture s'est arrêtée... Peu importe, l'important c'est d'arriver jusqu'à Mendoza où on assistera au Carnaval, une institution en Amérique du Sud. En fait de carnaval, c'était plutôt le festival de la mousse... Pauvre gringos que nous sommes, nous ne savions pas que durant le carnaval, les gens se baladent équipés de mousse à raser pour en asperger le premier malchanceux qui croisera leur chemin... On en a fait les frais... maintenant, on sait ! La prochaine direction sera-t-elle plus calme ? « A ver ! »

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